La France se dote d'une "nouvelle ambition" pour la logistique

Inspirées du rapport Hémar-Daher, les mesures annoncées par Édouard Philippe le 16 septembre visent à structurer la filière logistique sur la durée par la création d'une plateforme France Logistique et la tenue d'un comité interministériel annuel. Elles prévoient aussi la mise en place d’un point de contact unique aux frontières testé en 2020 par les ports de Dunkerque et du Havre.

À l’occasion de la remise officielle du rapport Hémar-Daher sur la compétitivité de la chaîne logistique en France le 16 septembre à Aulnay-sous-Bois, le Premier ministre Édouard Philippe a dévoilé la nouvelle ambition nationale pour la filière. Support au "Pacte productif 2025" initié par le gouvernement pour relancer l’industrie française, cette feuille de route vise tout d’abord à structurer et à coordonner sur la durée l'évolution du secteur.
Sur l'exemple du maritime avec le Comité France maritime, une nouvelle plateforme baptisée France logistique, qui devrait être opérationnelle cette année rassemblera tous ses acteurs privés, prestataires et chargeurs.

"Le gouvernement retient six mesures pour améliorer la compétitivité de la chaîne logistique en France"

Interface avec les pouvoirs publics, cette "voix unifiée" contribuera au déploiement d’un plan d’actions en synergie avec la démarche "Territoires d’industrie", lancée en novembre 2018, et les services de l’État. Le pilotage de ce plan d’actions sera assuré, comme dans le maritime, au moyen d’une "taskforce" dédiée et de Comités interministériels annuels de la logistique (CIL). En faisant remonter les besoins de la profession, la plateforme France logistique sera également force de propositions lors de ces "CIL" dont le premier se tiendrait début 2020.

Dunkerque et Le Havre pilotes

Pour acter le démarrage de ce plan d’actions, six mesures extraites du rapport de Patrick Daher, président du groupe Daher, et d'Éric Hémar, président d’ID Logistics et de l'Union TLF ont été annoncées par le Premier ministre.
La première consiste à créer un point de contact unique aux frontières intégrant les douanes, les services vétérinaires et phytosanitaires ainsi que la DGCCRF. L'objectif est de fluidifier et d’accélérer le transit des marchandises au moyen d’un "interlocuteur unique". Les ports de Dunkerque et du Havre expérimenteront ce dispositif dès 2020 avant une généralisation prévue en 2021.
La simplification des procédures pour l’implantation des entrepôts logistiques en France est au cœur de la deuxième mesure qui élargirait, notamment, le champ du régime d'enregistrement. Cette approche suppose un décret d’application qui doit être rédigé d'ici à la fin de l'année avec les professionnels concernés pour une entrée en vigueur dès 2020. En parallèle et sur la base d’un rapport attendu pour avril, une réforme de la fiscalité sera conduite pour éviter la requalification des entrepôts en locaux industriels, ce qui a pour conséquence d'augmenter sensiblement leur imposition.

Accompagner et anticiper les transitions

Les trois autres mesures doivent améliorer la connaissance de la filière. L'une d’elles consiste à dresser un comparatif européen sur la réglementation dans le transport routier de marchandises pour apprécier les besoins d’harmonisation, sur les temps de travail en particulier. Pour accompagner la transformation des métiers de la filière, un plan d’actions spécifique sera déployé jusqu’au printemps 2021 concernant les besoins en main d’œuvre et compétences, l'offre de formations et la construction de parcours professionnels.
Enfin, une nouvelle plateforme numérique centralisant les données logistiques verra le jour dans le courant de l’année prochaine. Une équipe impliquant des acteurs du secteur doit être constituée ces prochaines semaines afin de définir les objectifs de cette plateforme et sa gouvernance placée sous la coordination de la future "taskforce" logistique.