La Guadeloupe sur les pistes de l'environnement, du foncier et de l'énergie

C'est avec les bons scores enregistrés en 2018 en tête qu'Yves Salaün, le président du directoire du Grand Port maritime de la Guadeloupe, a démarré l'année et commence à faire siens les grands axes du nouveau projet stratégique de l'établissement portuaire antillais.

Commentant les résultats 2018, Yves Salaün estime que l'année a été favorable pour le GPM de la Guadeloupe. Il a, selon lui, bénéficié d'une "année économique dynamique, portée par une consommation des ménages élevée et d'un bon niveau des achats de véhicules".
"À 68.000 EVP pleins, le trafic conteneurisé de transbordement ne s'est jamais aussi bien orienté", estime-t-il. Selon le dirigeant portuaire, dans le secteur du conteneur, "la croissance est décalée. En 2014, lors du dernier projet stratégique, on s'attendait à un niveau qu'on a obtenu en 2018".
Il souligne également que le port guadeloupéen a bénéficié l'an dernier de la reconstruction de Saint-Martin, qui a souffert de l'ouragan Irma en 2017. Il a vu transiter en 2018 les matériaux destinés à sa reconstruction.
Dans le secteur du passager, le port guadeloupéen a enregistré également beaucoup plus que prévu avec, selon son dirigeant, "une croissance aussi bien dans le domaine des liaisons internes que dans la croisière", un secteur qui a bondi de 20 %. Yves Salaün estime toutefois que "le port reste en position de conquête" dans le domaine. "Il y a des reconfigurations en cours", prévoit-il.

Logistique dématérialisée

Évoquant le prochain projet stratégique 2019-2023, il explique que la notion de "smartport fait partie de la feuille de route". Selon lui, "le conseil de surveillance nourrit une ambition toute particulière". D'après lui, il faut avoir "des idées claires pour l'implantation de ses clients industriels ou dans la logistique".
Le GPM va accompagner leurs investissements, les aider à se relocaliser, à créer de la valeur ajoutée, énonce-t-il. "Les nouveaux gisements d'activité sont l'environnement, le foncier, l'énergie", ajoute-t-il.

"Accompagner les investissements des clients, les aider à se relocaliser, créer de la valeur ajoutée"

Selon lui, l'autorité portuaire songe également à "devenir autosuffisante en énergie" et "rattraper en outre son retard dans l'e-commerce". Car, à ses yeux, "il ne faut pas rester à l'écart". Le GPM fait également sien le concept de "logistique dématérialisée".
L'intérêt pour la biodiversité, la considération des éléments actifs du port, la protection de la mer et la prise en compte des changements climatiques font partie du nouveau projet stratégique. Ils feront d'ailleurs partie intégrante des deux futurs projets de l'établissement portuaire guadeloupéen, explique Yves Salaün.

Un quatrième portique et le polder achevé fin juin

À plus court terme, en matière d'investissements, le Grand Port maritime passe cette année de trois à quatre portiques. Yves Salaün indique que le tout dernier portique inauguré en début de mois sera opérationnel fin avril.
Autre nouveauté pour le port guadeloupéen, le polder, représentant 2 hectares gagnés sur la mer, qui sera achevé fin juin.
"On est en phase d'appel d'offres pour l'allongement de 110 mètres de quai pour le terminal à conteneurs. La consultation des entreprises aura lieu en fin d'année", explique-t-il.
Autre dossier sur lequel le GPM s'est lancé, la construction du nouveau siège de l'établissement portuaire dès la fin 2019 ou le début 2020. Le président du directoire indique que le futur bâtiment, qui sera aux normes antisismiques, regroupera sur un seul site le personnel qui se trouve aujourd'hui sur deux. "Vu que l'ancien bâtiment se trouve sur un morceau de terrain de 1,5 hectare attenant au quai affecté à la croisière, celui-ci sera mis en appel à projets", indique Yves Salaün.