La Méridionale : l'activité corse rebondit mais l'incertitude persiste sur le Maroc

09/09/2021 Érick Demangeon

La desserte d'Ajaccio et de Propriano depuis le 1er mars permet à La Méridionale d'équilibrer ses activités corses. La diversification sur le Maroc demeure affectée par les restrictions dues à la crise sanitaire.

La Méridionale, filiale maritime de Stef, n'a pas retrouvé son niveau d'activité de 2019 au premier semestre 2021. Pour Stanislas Lemor, qui commentait les résultats semestriels du groupe le 3 septembre, son activité corse a pourtant été "satisfaisante". Le président-directeur général de Stef constate que "les dessertes d'Ajaccio et de Propriano, obtenues le 1er mars 2021 dans le cadre de la nouvelle délégation de service public (DSP) maritime entre la Corse et le continent, ont permis à La Méridionale d'enregistrer un effet positif sur son chiffre d’affaires".

La nouvelle DSP d'une durée de vingt-deux mois est prévue jusqu’en décembre 2022. Elle constitue une amélioration comparé au premier semestre 2020, lorsque la compagnie ne desservait que deux ports départementaux : Porto-Vecchio et Propriano. "Le nombre de rotations ont progressé au premier semestre de 207 à 292. Il demeure très inférieur au chiffre du premier semestre 2019 (483), où nous desservions trois ports". La desserte de la Corse a subi aussi des restrictions de navigation dues à la crise sanitaire du Covid-19 en mars et en avril.

Pas d’éclaircies sur le Maroc

De son côté, la ligne Marseille-Tanger connaît une activité "erratique depuis son démarrage en décembre 2020 en raison de la pandémie", selon Stanislas Lemor. Les restrictions de voyage pour les passagers ont plombé son modèle économique et ses fréquences assurées par un seul navire, le "Girolata". Dans le même temps, le "Pelagos", placé à l'affrètement, a été exploité par Corsica Linea puis par DFDS. "La reprise du transport de passagers cet été a été décevante avec le Maroc en raison d’un fort déséquilibre des flux. L'État a affrété en outre deux navires pour pallier les perturbations sur Gibraltar et proposé des prix très bas créant une forte concurrence. Nous ne prévoyons pas d’amélioration d’ici la fin de l’année sur le Maroc et nous étudions d’autres projets de lignes".

Activités corses et marocaines consolidées, le chiffre d’affaires de La Méridionale a quasiment doublé au premier semestre passant de 23 à 40 millions d'euros. Son résultat opérationnel s'est amélioré aussi mais demeure négatif (- 12,7 millions) en raison des difficultés sur la ligne Marseille-Tanger.