La flotte mondiale n'a progressé que de huit porte-conteneurs en 2017

20/02/2018 Vincent Calabrèse

Après avoir franchi la barre symbolique des 5.000 navires en 2011, la flotte mondiale des porte-conteneurs est restée quasiment bloquée au compteur sur ce chiffre pendant que la capacité s'est envolée de près de 40 %, estime Clarksons Research. Explications…

La flotte mondiale conteneurisée est passée du simple au double de l'année 2000 à 2018. Elle s'élevait il y a dix-huit ans à 2.617 navires. Le département "Recherches" du courtier londonien Clarksons en répertorie 5.192 aujourd'hui, soulignant que 8 navires seulement sont venus se rajouter à l'effectif l'an dernier.
Selon le courtier, en comparaison avec l'effectif global enregistré au début de l'année 2012, la flotte mondiale n'a progressé que de 109 navires en ce début d'année. Et ce bien que la capacité totale se soit accrue de 5,6 millions d'EVP au cours de la même période. Avec la progression du gigantisme et la mise en place de ses effets pervers, le nombre de navires a progressé de 2 % pendant que le nombre d'EVP a marqué, lui, un bond de 37 %.
Si le nombre de navires n'a pas véritablement progressé, la flotte opérationnelle, composée de 5.000 unités, reste toutefois très avide de fret. Car la crise économique n'a pas facilité la tâche des armateurs soucieux de remplir leurs navires.
Le marché mondial représentant 67 millions d'EVP dans les années 2000 a atteint 192 millions en 2017. Selon Clarksons, la croissance s'est avérée assez rapide pour justifier l'accroissement de la taille de la flotte.

Les effets du gigantisme

Alors que 5.083 navires composant la flotte mondiale au début de 2012 ont transporté 155 millions d'EVP cette année-là, c'est un effectif de 5.159 unités qui a pris en charge en 2017 un volume global supérieur de 24 %. Avec une centaine de navires de plus, les opérateurs ont réussi le pari de transporter un quart supplémentaire de fret.

"Avec une centaine de navires de plus, les opérateurs ont pu transporter un quart de fret supplémentaire"

Clarksons rappelle que, si la capacité a rapidement augmenté, tel n'est pas le nombre de navires. "La constance de l'effectif de ces 5.000 navires (un noyau dur qu'on retrouve depuis quelques années, NDLR) reste en partie illusoire". Le courtier estime que les mégacarriers (les porte-conteneurs allant de 17.000 à 21.000 EVP) ont enclenché une nouvelle dynamique en rejoignant les plus anciens.
Il souligne dans son document qu'il existe aujourd'hui 383 unités (2,7 millions d'EVP) en commande. Mais vu qu'au cours des deux dernières années, 335 navires sont partis à la casse pour être recyclés, le nombre d'unités composant la flotte mondiale devrait rester inchangé. Entre-temps, la capacité globale augmentera encore, prédit Clarksons.
Dans les grands ports mondiaux, l'effet pervers du gigantisme se traduit depuis quelques années par une stagnation ou un recul du nombre d'escales pendant que le volume du trafic conteneurisé ne cesse de progresser.