La liaison routière Fos-Salon revient au débat

29/09/2020 Caroline Garcia

Le débat public sur la liaison routière entre Fos-sur-Mer et Salon-de-Provence, réclamée depuis cinquante ans, boucle sa phase préparatoire et permet désormais à chacun d’exprimer son avis sur la pertinence du projet. Des expressions que l’État utilisera pour choisir l’une des trois options qu’il défend.

Le débat public sur le projet de liaison routière entre Fos-sur-Mer et Salon-de-Provence est entré dans sa seconde phase le 28 septembre. Une série de réunions initiée à Miramas doit permettre à l’ensemble des citoyens d’exprimer leur opinion sur la réalisation de "l’A56", qui doit relier le Grand Port maritime de Marseille-Fos (GPMM) à l’autoroute. Un projet déclaré "urgent et d’utilité publique"… en 1976.

Cinquante ans d'attente

Avec le choc pétrolier et le ralentissement de l’activité économique qu’il a engendré, c’est une simple deux-voies, la route nationale 569, qui a finalement été construite dans les années 80. Une infrastructure basique qui n’a jamais satisfait les professionnels : "Après plus de cinquante ans d’attente, cette liaison doit être réalisée sans délai !", résume l’Union maritime et fluviale (UMF) qui a déposé un "cahier d’acteur" auprès de la commission du débat public pour exposer ses arguments en faveur du projet.

"Les poids-lourds doivent parcourir plus de 30 km et franchir neuf carrefours"

Lundi soir à Miramas, le président du GPMM, Hervé Martel, est venu défendre l’importance de cette route pour l’activité du port, sans négliger pour autant les autres modes de transport : "Nous ferons le maximum pour développer le ferroviaire et le fluvial", assurait-il.
Aux côtés du GPMM, des chambres de commerce Aix-Marseille-Provence et Pays d’Arles et des communes de Miramas, de Port-Saint-Louis-du-Rhône et de Fos-sur-Mer, l’UMF insiste sur "l’extrême nécessité" d’une route qui améliorera "la fluidité et la performance du transport de marchandises", des "facteurs clés" pour le développement industrialo-portuaire. Les acteurs économiques assurent que le redimensionnement de la voie réduira dans le même temps les nuisances pour les riverains. Marseille-Fos est "le seul grand port européen qui ne soit pas directement relié à une autoroute, déplore l’UMF. Les poids-lourds doivent parcourir plus de 30 kilomètres sur une route départementale puis nationale bidirectionnelle et franchir neuf carrefours giratoires pour rejoindre l’A54 et l’A7 à Salon".

Vieux projet, nouveau contexte

Trois options d’aménagement sont présentées aujourd’hui au débat. Elles combinent autoroutes ou voie express avec une amélioration ou un nouveau contournement de Fos-sur-Mer. Des projets dont le coût estimé en 2015 varie entre 272 et 533 M€.
Les travaux de la commission seront bouclés en décembre. Celle-ci produira son compte-rendu en février prochain pour permettre à l’État, maître d’ouvrage, de se positionner au printemps sur son projet. Il faudra encore ensuite engager de nombreuses études, sur la faisabilité et l’impact d’une telle infrastructure comme sur son financement pour envisager l’enquête publique qui doit déboucher sur une nouvelle déclaration d’utilité publique en 2025. Si le calendrier ne connait pas d’aléa, les travaux pourraient démarrer en 2027 pour une livraison en 2030.