Le Boeing 737 Max pourrait revenir par étapes
Six mois après son immobilisation au sol à la suite de deux accidents ayant fait 346 morts, le Boeing 737 Max pourrait retourner dans le ciel mondial par étapes, en raison de l'absence de consensus parmi les autorités de l'aviation civile.
Dennis Muilenburg, le PDG de Boeing, a affirmé le 11 septembre que cet avion pourrait reprendre du service aux États-Unis dans un premier temps, avant de se voir rouvrir le ciel d'autres pays par la suite. "Une levée graduelle de l'interdiction de vol est une possibilité", a déclaré le grand patron, répétant que Boeing prévoyait toujours un retour en service de son avion vedette au "début du quatrième trimestre", c'est-à-dire en octobre.
Il a estimé possible de voir les États-Unis lever unilatéralement l'interdiction de vol sans le soutien d'autres régulateurs. Le pays de Boeing avait été le dernier à clouer au sol le Max après l'accident d'un appareil de ce type d'Ethiopian Airlines le 10 mars dernier.
Les hésitations des autorités américaines avaient suscité les interrogations sur les relations étroites entre la FAA et Boeing, à qui le régulateur avait confié la certification d'une grande partie de l'avion suivant une procédure mise en place en 2005.
Selon les experts, cette méfiance menace la règle de réciprocité tacite ayant prévalu dans l'aéronautique civil en matière d'homologation des avions. Celle-ci veut que le feu vert donné par le pays d'origine du constructeur soit suivi par ses pairs.
La donne a changé. L'AESA veut examiner elle-même cette fois-ci les changements apportés par Boeing au 737 Max pour décider de lever ou pas l'interdiction de vol.
Elle juge pour l'instant non satisfaisante la solution de Boeing à la défaillance éventuelle des sondes d'incidence ("Angle of attack"- AOA) transmettant les informations au système anti-décrochage MCAS, mis en cause dans les deux accidents.
Autre point de divergences très sensible : la formation des pilotes, dont le Canada a fait une priorité. Les Canadiens, tout comme les Européens, exigent une formation sur simulateur, tandis que les Américains jugent suffisante une simple formation sur ordinateur ou iPad de pilotes rodés au NG, version précédant le Max.