Le GNTC interpelle les syndicats du rail

En assemblée générale le 9 octobre à Paris, le Groupement national des transports combinés a posé les conditions d’une relance des trafics multimodaux ferroviaires et fluviaux. Un enjeu de taille puisque sur les 5.000 entreprises susceptibles d’utiliser le combiné en France seules 150 le pratiquent.

Pénurie de conducteurs, hausse des carburants, enjeux environnementaux, nouvelles marges de manœuvre dans le ferroviaire… "le combiné bénéficie d’un alignement des planètes", assure Dominique Denormandie.

Dominique Denormandie, président du GNTC © Érick Demangeon
Arguant de l’importance du rail-route pour l’avenir du fret ferroviaire, le président du GNTC adresse dès lors un message aux syndicats du rail  : "Vous ne pouvez pas avoir un double discours en manifestant contre l’arrêt en région des trains de fret conventionnels, en vous plaignant de la remise sur la route de milliers de camions par an, tout en bloquant durant trois mois nos trains du combiné". À l’origine de demandes d’indemnisation instruites par la DGITM et SNCF Réseau, les grèves perlées du printemps "ont coûté 15 millions d’euros à la filière".
 
Nouvelle aide à la pince

Cette parenthèse refermée, "2018 est une année de progrès et d’avancées importantes. La réforme ferroviaire crée un écosystème encourageant pour la multimodalité". Sa mise en œuvre suppose quelques clarifications toutefois. À commencer par le nouveau mode de calcul appliqué à l’aide à la pince prolongée pour cinq ans à hauteur de 27 millions d’euros par an. Dans le sens des réflexions en cours, le GNTC préconise de scinder cette subvention en deux aides : l’une à la manutention, l’autre au train (ou barge dans le cas du fluvial) en tenant compte des distances parcourues. S’agissant de la plateforme de service créée en 2017 au sein de SNCF Réseau au bénéfice des opérateurs combinés rail-route, son renforcement est souhaité avec la mise en place "d’horairistes dédiés. Il faut poursuivre la fiabilisation du service notamment lors de situations dégradées avec la mise en place de nouveaux indicateurs de performance", propose Dominique Denormandie.

Redonner un avantage compétitif

Alors que le gel de l’inflation ferroviaire sur les péages est salué, le nouveau mode de tarification au tonnage de ces derniers inquiète. Prévu pour 2019, il est présenté comme "un frein à la compétitivité et à la massification des flux ferroviaires. Une solution plus vertueuse serait de prendre, en plus du poids, la vitesse et la charge à l’essieu pour la variation d’usure de l’infrastructure afin de créer un système incitatif favorisant les trains plus respectueux de l’environnement et des installations".

"Le transport combiné permet d’économiser un million de tonnes de CO2 par an en France"

Parmi les autres demandes du GNTC figurent "le développement de trains longs et la généralisation du gabarit P400" ainsi qu’une dérogation de circulation pour les pré et post-acheminements routiers à 46 tonnes. "Ce gain de 5 % en charge utile serait un rééquilibrage compétitif après la généralisation du 44 tonnes à l’ensemble du transport routier en 2013".
 
Pour Seine-Nord Europe

Depuis 2012, le GNTC couvre également le combiné fluvial. Perturbé par des intempéries, le mode affiche un repli de plus de 10 % au premier semestre. Dans le même temps, son trafic conteneurisé recule de 2,5 % sous l’effet de baisses observées sur les bassins Seine-Oise et Rhône-Saône. Soulignant l’importance des ports maritimes à l’origine de plus de 50 % des flux combinés fluviaux, "l’instauration d’un régime unique et national de facturation de la manutention portuaire (THC)" est défendue. Favorable à l’aménagement du canal Seine-Nord, Dominique Denormandie attend la confirmation du doublement des budgets d’investissement dans le réseau navigable promis par les pouvoirs publics dans la prochaine Loi d’orientation des mobilités (Lom). Au bénéfice de toutes les techniques combinées, le GNTC réitère enfin sa proposition visant à valoriser financièrement chaque tonne de CO2 économisée.