Le SNCF tente de garder le cap malgré la tempête

30/10/2020 AFP

En un an à la tête de la SNCF, Jean-Pierre Farandou a dû affronter une grosse grève et une pandémie sans précédent qui ont fait fuir les passagers et mis à mal ses finances, tout en tâchant de se projeter dans l'avenir. Tous les indicateurs commerciaux étaient au vert quand il est devenu PDG, le 1er novembre 2019, après le long règne de Guillaume Pepy à la tête du groupe public. Ce Bordelais qui travaille dans la maison depuis 1981, avait la délicate mission d'installer une "nouvelle SNCF" devenue société anonyme à capitaux publics le 1er janvier, une conséquence de la réforme ferroviaire adoptée en 2018 en dépit d'une grève très dure. Une autre grève l'a accueilli en décembre et janvier, contre la réforme des retraites. La SNCF a perdu un milliard d'euros dans l'affaire. Les choses semblaient bien reparties en février – même si on commençait déjà à parler de plans d'économies –, jusqu'à ce que le coronavirus oblige à abandonner tous les objectifs de croissance.
Au plus fort du premier confinement, les TGV ont perdu jusqu'à 99 % de leur clientèle. Si l'été a été meilleur, la rentrée a été très mauvaise. La clientèle professionnelle, en particulier, n'est pas revenue. Or, c'est surtout celle-ci qui assure les marges. Le second confinement ne va pas arranger les choses.
Pendant qu'il gérait ces crises et négociait le soutien de l’État, Jean-Pierre Farandou s'est employé à imprimer sa marque. Beaucoup plus discret dans les médias que son prédécesseur, il y est souvent supplanté par le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. Il a toutefois multiplié les rencontres depuis son entrée en fonction, avec 59 déplacements en un an, malgré la pandémie.