Le SNPL demande le retrait de l'écotaxe
Le SNPL demande au gouvernement de renoncer à son projet d'écotaxe sur le transport aérien, "dangereuse pour les entreprises" du secteur et "inutile pour l'environnement". Après la faillite d'Aigle Azur et la mise en redressement de XL Airways, le syndicat des pilotes s'appuie sur plusieurs rapports qui soulignent "la fragilité du secteur aérien, trop faiblement rentable pour être soumis à de lourdes taxes, à des distorsions de concurrence, à des lourdeurs administratives préjudiciables".
Annoncée en juillet par la ministre des Transports Élisabeth Borne, l'écotaxe doit s'appliquer dès 2020 à toutes les compagnies aériennes, sur les billets d'avion pour les vols au départ de la France. Son produit doit être consacré à des investissements dans des infrastructures de transports plus écologiques, notamment le ferroviaire. Or pour le président du principal syndicat de pilotes de ligne, Yves Deshayes, le projet n'est plus d'actualité : "après avoir failli à proposer une solution pour le sauvetage d'Aigle Azur et de XL , le gouvernement annonce à la place une augmentation de 80 % de la taxe Chirac sur le transport aérien !".
Cette taxe de solidarité prélevée sur le prix des billets est destinée à financer l'organisme international Unitaid, qui fournit des médicaments aux pays en développement. "Cette taxe de solidarité n'en aura donc plus que le nom, puisque les 180 millions d'euros supplémentaires seront reversés à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France au profit de la route et du rail". Une agence "très critiquée" par la Cour des Comptes, rapporte Yves Deshayes : "la Cour a fait le constat de l'absence de plus-value apportée par l'opérateur de l'État sans feuille de route ni marge de manœuvre, et la qualifie même d'instrument de débudgétisation qui permet de contourner les règles de droit budgétaire".