Le chantier de la ligne Lyon-Turin entre dans une nouvelle phase

08/07/2021 AFP

Le chantier du tunnel ferroviaire Lyon-Turin longtemps perturbé par les écologistes et par les incertitudes du gouvernement italien affirme sa légitimité avec l’attribution mercredi de 3 milliards d’euros de contrats permettant de creuser 80 % de l’ouvrage.

C’est Eiffage Génie Civil, plus gros contributeur, qui creusera un tronçon de 22 km pour 1,47 milliard d’euros. Vinci Construction creusera pour sa part 23 km en 65 mois pour 1,43 milliard d’euros. Enfin, Implenia Suisse se chargera de l’entrée du tunnel côté français, soit 3 km pour 228 millions d’euros, le côté italien ne sera attribué qu’en 2022.
"La décision d’attribuer aujourd’hui trois contrats d’un montant de plus de trois milliards d’euros est un pas décisif vers l’achèvement de la liaison ferroviaire Lyon-Turin", pour la commissaire européenne aux transports Adina Vălean.

Un partenariat franco-italien pour le plus long tunnel du monde

Au total le tunnel sera long de 57,5 km, dont 45 km en France et 12,5 km en Italie, et reliera Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie, à Suse dans le Piémont. TELT (Tunnel euralpin Lyon-Turin), société franco-italienne, est chargée de la construction et de l’exploitation de l’ouvrage. D’ici 2027-2028, 162 km de galeries sont à creuser avant d’installer les équipements ferroviaires. Le financement estimé à 8,6 milliards d’euros avoisinera vraisemblablement les 12 milliards selon Hubert Mesnil, président du TELT.
L’Union européenne finance à hauteur de 40 %, quand l’Italie apporte 35 % et la France 25 % avec la participation promise par Bruxelles de 50 %.
La mise en service est prévue en 2030 et le tunnel sera le plus long du monde devant le Gothard en Suisse (57,1 km), le Seikan au Japon (53,85 km) et le tunnel sous la Manche (50,5 km). À terme, il allègera la circulation des camions sur route et dépolluera les vallées alpines.