Le constructeur de poids lourds Nikola reconnaît une exagération

01/03/2021 AFP

Certaines déclarations de l'ex-patron du concepteur de camions électriques et à hydrogène Nikola sur les avancées du groupe étaient bien "inexactes", a reconnu un rapport demandé par l'entreprise, qui rejette toutefois l'idée que le groupe est une "vaste fraude".

Fondé en 2015 et entré en Bourse en juin dernier, Nikola s'était retrouvé sous le feu des projecteurs en septembre quand la société d'investissement Hindenburg a affirmé que son fondateur, Trevor Milton, avait menti à plusieurs reprises pour embellir l'activité du groupe et avait "induit ses partenaires en erreur (...) en prétendant faussement disposer d'importantes technologies".
Trevor Milton avait démissionné peu après de son poste de président du conseil d'administration de Nikola, et l'entreprise avait demandé au cabinet d'avocat Kirkland & Ellis de mener une enquête interne. Dans ses premières conclusions rendues publiques le 25 février dans un document transmis à l'autorité américaine des marchés financiers (SEC), le cabinet reconnaît que neuf affirmations présentées comme erronées par Hindenburg étaient bien "inexactes, entièrement ou en partie".

Tromperie des marchés

Parmi elles, figurent une déclaration en août 2016 selon laquelle l'entreprise avait déjà conçu un camion n'émettant pas de gaz polluants, et une autre en juillet 2020 selon laquelle un des logiciels développés par Nikola était "le plus avancé au monde". Le rapport estime toutefois que d'autres accusations d'Hindenburg sont erronées et qu'il est "inexact" de conclure que Nikola est une fraude "complexe" et "vaste". Le cabinet n'a pas encore déterminé si certaines des informations erronées ont pu, quand elles ont été prononcées, enfreindre les règles.
La SEC et un procureur fédéral de New York ont engagé des enquêtes à l'encontre de Nikola et Trevor Milton. Le groupe fait aussi l'objet de plusieurs plaintes déposées par des actionnaires l'accusant d'avoir enfreint les règles de communication financière.
General Motors, qui avait annoncé en grande pompe début septembre un partenariat stratégique avec Nikola, avait finalement renoncé à en devenir actionnaire suite à tous ces remous.