Le coronavirus fait chuter le trafic alpin

21/09/2020 Mathieu Noyer

Le transit de fret européen dans les Alpes suisses a reculé de 12 % au premier semestre. Rail et route ont été impactés de la même manière.

Personne n’a été épargné : le rail et la route ont autant souffert l’un que l’autre de la crise du coronavirus, s’agissant du transit européen de marchandises dans les Alpes suisses. Dressé il y a quelques jours par l’office fédéral (ministère) des Transports, le bilan du trafic pour le premier semestre 2020 fait apparaître une baisse globale de 11,9 % (soit un total de 17,4 millions de tonnes transportées). Le tout, également réparti entre la route et le ferroviaire.
Le pic de chute a été atteint la dernière semaine de mars et les deux premières d’avril. Le fret routier n’a alors représenté que la moitié de niveau habituel. Durant le premier semestre, la fréquentation des tunnels du Grand-Saint-Bernard et du Gothard par les poids lourds a reculé de respectivement 13 % et 10 %.
Ces chiffres sont équivalents à ceux des autres grands passages alpins voire légèrement plus flatteurs (- 12 % au Brenner autrichien, - 17 % dans le Mont-Blanc et - 15 % au Fréjus), compare l’Office fédéral dans son rapport.
 
Le Ceneri en renfort du Gothard

Sur les rails, le transport combiné a plutôt bien résisté de janvier à juin dans les Alpes suisses. Sa baisse est contenue à 6,6 %. Parmi les principaux points de passage, le tunnel du Gothard a le mieux tiré son épingle du jeu : - 8,9 %. Son statut de principal site de transit s’accentuera sans doute avec la mise en service du tunnel du Ceneri, situé dans son prolongement à la frontière italienne. L’ouvrage est ouvert depuis le 4 septembre et sa mise en circulation complète interviendra en décembre.
Pour l’ensemble de 2020, l’office fédéral des Transports n’attend pas d’autre scénario qu’une baisse du trafic alpin. Les points d’interrogation concernent "son ampleur et si elle touchera le rail et la route dans des proportions similaires", indique son rapport