Le défi de la cybersécurité maritime

Si le numérique est devenu pour le maritime une avancée incontournable, ses acteurs semblent ne pas tous avoir pris conscience de la nécessité de se protéger. Explications de Vincent Bouvier, le secrétaire général de la Mer.

Deux mois après la cyberattaque qui a frappé le port californien de San Diego, avec rançongiciel de la part de hackers, Vincent Bouvier, le secrétariat du général de la Mer, explique que "le numérique fait partie des menaces qui planent sur le monde maritime". Des risques plus traditionnels tels que la piraterie ne sont plus les seuls auxquels le shipping est exposé…

Tricher sur l'AIS d'un navire

"On peut tricher sur l'AIS (Automatic Identification System) du navire, c'est-à-dire faire passer un navire pour un autre", a-t-il indiqué, à Brest, lors des 14e Assises de l'économie de la mer.
Selon lui, "avec le GPS, on peut provoquer un leurre". Il existe toujours, à ses yeux "une volonté de détourner l'outil du numérique". D'où l'impérieuse nécessité, d'après lui, de créer une agence nationale visant à informer les professionnels sur les risques encourus et les moyens de se prémunir.
Le secrétaire général de la Mer rappelle qu'une annonce a été faite lors du dernier Comité interministériel de la mer (Cimer) pour créer une structure dont la mission est d'utiliser "le numérique pour mieux se protéger".
Il prône "un croisement des fichiers pour les passagers, le partage des données". Selon lui, "mieux les échanger représente le grand défi".
Pour Vincent Bouvier, "l'idée du Cise ("Common Information Sharing Environment") européen, conduit par la DG Mare à Bruxelles, est de travailler en lien avec la Marine nationale. Une détection par satellite permet de vérifier l'identité d'un navire qui ne correspondrait à aucun AIS".
Il regrette enfin que la cybersécurité soit encore prise en considération de manière insuffisante dans le maritime aujourd'hui.