Le département aide le GPMM à électrifier ses quais
Le Grand Port maritime de Marseille-Fos (GPMM) a signé une convention d'objectifs et de financement avec le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Ce dernier s'est engagé à financer à hauteur de 41 % dans la limite de 6 millions d'euros l'électrification de quatre postes à quai du futur terminal passagers du Cap Janet et l'extension du réseau jusqu'à la réparation navale.
Cette promesse de financement devance le prochain projet stratégique, qui devrait être validé fin juin, dans lequel s'inscrira la généralisation de la connexion électrique des navires à quai (Cenaq) dans les bassins Est.
Cette subvention sera utile mais insuffisante pour le président du directoire du port, Hervé Martel, qui en espère d'autres. Le nouveau patron du GPMM souligne l'importance des financements publics, du niveau européen (Feder) à l'échelon local (région), en passant par le national (DGITM et Ademe) dans l'aboutissement des premiers projets de branchement à quai à Marseille.
Pour Hervé Martel, cette technique est "la meilleure solution", la seule qui supprime à la fois les émissions d'oxydes de soufre, d'oxydes d'azote, de particules fines et de gaz à effet de serre. Le Cenaq est "particulièrement adaptée aux navires qui observent de longues escales" comme les ferries, qui sont d'ailleurs à l'origine de "presque 50 % de la pollution atmosphérique du port", trafics terrestres induits compris, selon Marc Reverchon, président de La Méridionale.
À la gare maritime d'Arenc, les trois navires de sa compagnie sont sur courant de quai depuis plusieurs années. Ils seront rejoints par le "Paglia Orba" de Corsica Linea dans les prochains jours. Pour le "seul port en Méditerranée et en Europe, hormis le Nord, à avoir réussi son expérience de branchement à quai", la priorité est désormais de fournir des prises aux navires de la CTN, d'Algérie Ferries et de Corsica Linea desservant le Maghreb, en particulier le "Tanit", qui nécessite une puissance de 5 MW.
Puis le GPMM se tournera vers la croisière, sujet de discorde à Marseille, et grand défi technique puisque les paquebots géants requièrent au moins 10 MW de puissance, contre 1,5 à 2 MW par ferry.