Le fer ou la voie d'eau vers les énergies "vertes"

06/11/2020 Érick Demangeon

Norlink, l’association de promotion des infrastructures portuaires et ferroviaires des Hauts-de-France, participe à plusieurs projets de transition énergétique dans les transports. Le gaz naturel et l’électricité sont encouragés dans le ferroviaire et la voie d’eau.
Les Hauts-de-France ambitionnent de devenir le premier producteur européen de biométhane.  "Un marché à fort potentiel", assure Antoine Jabet, l’analyste de GRDF. Lors du colloque organisé par Norlink sur les "révolutions maritimes et portuaires", il a correlé le développement du biogaz à son utilisation dans les transports. Aujourd’hui, le biométhane est incorporé à hauteur de 20 % dans le gaz carburant consommé en France, par le transport routier pour l’essentiel.
Avec Norlink, Arcelor-Mittal et VFLI, GRDF œuvre à diversifier cette consommation dans le ferroviaire en transformant la motorisation diesel des locotracteurs en hybride gaz-diesel. Dans le cas d’Arcelor-Mittal, qui exploite vingt locotracteurs à Dunkerque, le gain économique de cette transformation est évalué à 50 % grâce au prix plus compétitif du biogaz par rapport au diesel. "Le retour sur investissement est de quatre à cinq ans", indique l'industriel sidérurgique. Au plan écologique, le bénéfice est immédiat avec une baisse des émissions de CO2 estimée à 80 % et la quasi-suppression    des particules fines.

Recenser les besoins fluviaux

L’utilisation du biométhane est aussi à l’étude dans la voie d’eau avec Segula Technologies et Marfret notamment. "L’hybridation biogaz-électricité est envisagée pour ces projets", précise Antoine Jabet. Avec Voies navigables de France (VNF), Norlink recense actuellement le potentiel des énergies alternatives dans le fluvial.  "Le réseau navigable des Hauts-de-France est déjà équipé d’une centaine de bornes électriques à quai", indique Cécile Rousseau de VNF.
Le recensement en cours vise à identifier les trajets fluviaux sur longue distance ou en transit et ceux effectués sur des distances courtes au sein de la région. "Les solutions et besoins énergétiques ainsi que le nombre de stations d’avitaillement diffèrent selon les distances parcourues", ajoute-t-elle. Dans le mode fluvial, VNF s’engage à aider la transition énergétique dans les Hauts-de-France.  Son "Plan d’aide à la modernisation et à l’innovation".