Le fret traditionnel se met en avant à Marseille-Provence

La plateforme marseillaise s'attend à une fin d'année dynamique, tant en fret express que traditionnel, où trois compagnies montent en puissance. Elle devrait battre son record de trafic annuel.

Une fois encore, le trafic global est stable sur l'aéroport de Marseille-Provence (AMP). Au cours des trois premiers trimestres, la plateforme a traité 41.300 tonnes de fret avionné, soit une baisse tout juste inférieure à 1 % comparé au trafic de la même période l'an dernier (41.694 tonnes).
Le fret express, qui domine le trafic marseillais, a connu une baisse sur la période, de 1,8 %, pour s'établir à 36.750 tonnes. Le trafic de DHL a été stable et l'expressiste allemand reste en tête de la catégorie, avec 11.370 tonnes transportées. Le trafic de Chronopost est en baisse (- 9 %, 9.950 tonnes), subissant toujours les effets de la fermeture de sa liaison avec Rennes. FedEx, dont les trafics sont désormais confondus avec ceux de TNT, est passé troisième opérateur de fret sur l'AMP, avec un trafic cumulé stable (8.050 tonnes). Quatrième opérateur express, UPS est le seul à afficher une croissance sur les neuf premiers mois, à 7.400 tonnes (+ 7,1 %).
Pour Jean-Marc Boutigny, "les perspectives pour le second semestre sont bonnes. Tous les expressistes vont aligner des capacités supplémentaires en fin d'année car l'e-commerce est toujours en forte croissance". Le responsable fret de l'aéroport s'attend à une hausse d'au moins 3 % sur chacun des mois du troisième trimestre.

Démarrage du Marseille-Alger tout-cargo

De son côté, le fret avionné traditionnel est en progression de 5,8 %, à 4.550 tonnes. Sur ce segment, le plus grand développement du moment est la création de la liaison hebdomadaire Marseille-Alger en tout-cargo par Icar Aviation et Air Algérie. Initialement annoncée pour début juillet, cette nouveauté n'a été effective que le 2 octobre, faute de disponibilité de l'avion fourni par Air Algérie, un B737-800 qui a dû être converti. Ce service offre une capacité de 20 tonnes chaque semaine dans chaque sens. "Un bon complément à l'offre maritime marseillaise", selon ses promoteurs.
Sans cela, Air Algérie figure déjà parmi les satisfactions de la direction de l'aéroport pour cette année. Son trafic a progressé de 6 % sur les neuf premiers mois de 2018, ce qui permet à la compagnie de reprendre, avec 1.460 tonnes, la première place s'agissant du fret traditionnel, devant Air Corsica (1.393 tonnes, + 0,5 %).
Près de 90 % de ce volume est réalisé par la ligne Marseille-Hassi Messaoud dédiée au fret pétrolier, opérée en partenariat par Icar et Air Algérie.

La Réunion et la Turquie décollent

La ligne d'Air Austral entre Marseille et l'île de La Réunion lancée il y a tout juste un an suit une progression qui ravit elle aussi la direction de l'aéroport. Son trafic a atteint 300 tonnes au cours des neuf premiers mois mais Jean-Marc Boutigny espère le voir atteindre 600 tonnes à la fin de l'année. Il n'y a pas ou peu de fret en été car les soutes des avions sont pleines des bagages des passagers, mais Jean-Marc Boutigny attend un bond du trafic pendant la saison des litchis et des ananas victoria en fin d'année. En attendant, la liaison a totalisé environ 200 tonnes sur les deux mois d'exploitation de l'année 2017, à raison de deux vols hebdomadaires.
AMP se félicite également de la remontée en puissance de la liaison avec Istanbul. Celle-ci est repassée à neuf vols par semaine après avoir brusquement chuté (de 10 à 5 fréquences) après la tentative de putsch en Turquie à l'été 2016.
Le trafic de Turkish Airlines à Marseille a augmenté de 27 % sur les trois premiers trimestres, pour 350 tonnes avionnées. Les deux tiers du trafic sont réalisés à l'import : souvent du textile et souvent du fret en provenance du Proche-Orient, d'Asie (Bangladesh, Chine, Thaïlande) et d'Afrique.
La direction de l'aéroport compte sur ces trois locomotives du fret traditionnel pour l'aider à battre à nouveau son record de trafic sur l'ensemble de 2018.