Le gaz carburant accélère sa croissance dans le transport routier

02/07/2021 Érick Demangeon

Tous les voyants sont au vert pour le gaz carburant dans le transport routier de marchandises selon l'Association française du gaz naturel véhicules. La transition vers le bioGNV est également en marche.

En 2020, 44 nouvelles stations distribuant du gaz carburant ont été ouvertes en France. "Un record sur une année qui a porté à 175 le nombre de points d’avitaillement GNV accessibles à tous fin 2020", d'après Guillaume Larroque. Pour le président de l'Association française du gaz naturel véhicules (AFGNV), un palier devrait encore être franchi en 2021 puisque "une centaine de nouvelles stations publiques ouvriront, auxquelles il faut ajouter environ deux cents stations privatives". L'objectif de la filière de 250 points d’avitaillement en 2020 sera donc atteint avec un an de décalage.

"Bientôt des certificats d'origine pour le bioGNL"

Coté véhicules, plus de 4.500 immatriculations motorisées au GNV ont été recensées en France l’an passé. De ce volume en croissance de 23 %, les poids lourds représentent 35 % et ont progressé de 24 %. La part de marché du GNV dans les flottes de camions a doublé en 2020 pour se hisser à 4,2 %.
Sur les 1.600 immatriculations de camions GNV en 2020, on constate un équilibre entre porteurs et tracteurs. À fin 2020, près de 5.300 poids lourds GNV (hors bennes à ordures ménagères) étaient dénombrés en France.

Transition vers le bioGNV

À raison d’une croissance moyenne de 4 % par an, le taux de biométhane dans la consommation française de GNV serait compris "entre 60 à 70 % d’ici 2028 contre 17,5 % en 2020", selon Guillaume Larroque. Pour ce dernier, il semble acquis que ce taux sera de 100 % au cours de la prochaine décennie. "Il y a en effet beaucoup d’investissements dans de nouvelles unités de production de biométhane en France". Un enjeu stratégique pour la filière au regard de l'objectif de neutralité carbone en 2050, explique Gilles Durand, secrétaire général de l’Association : "Les véhicules roulant au GNV réduisent les émissions de gaz à effet de serre de 15 % par rapport au diesel. Cette réduction atteint 80 % avec le bioGNV qui préserve les niveaux très bas de polluants locaux du GNV et contribue à améliorer la qualité de l'air".
Par rapport aux véhicules diesel répondant à la norme Euro VI, "le GNV réduit de 50 % les oxydes d'azote (NOx) et, quelle que soit leur année d’immatriculation, les véhicules GNV bénéficient de la vignette Crit'Air 1. Ils sont donc autorisés à circuler lors des pics de pollution et dans les zones à faibles émissions", atteste Caroline Maleplate, chargée de la promotion du bioGNV chez GRDF. Garanti par des certificats d'origine, ce carburant est accessible dans près de 70 % des stations publiques françaises délivrant du GNV sous sa forme comprimée (GNC). En revanche, il n'existe pas de bioGNL, sa forme liquéfiée. "Un décret en attente de parution modifiera prochainement cette situation en autorisant la délivrance de certificats d'origine au GNL et donc d’accéder au bioGNL", confie Gilles Durand.