Le marché des transports routiers se détend mais la qualité de service demeure perfectible

Pour la seconde année consécutive, l’AUTF et le consultant Bp2r se sont associés pour mesurer les attentes, craintes et enjeux des chargeurs du transport routier. Si le manque de capacités est moins vif, les reports et annulations de transport sont jugés encore anormalement élevés.

Si le marché des transports routiers demeure sous-capacitaire, il s’est néanmoins détendu en 2018. Tel est l’un des constats de l’enquête menée du 14 janvier au 9 février 2019 par l’AUTF et le consultant Bp2r auprès de 167 chargeurs totalisant un budget d’achat "routier" de 7 milliards d’euros soit 15 % du chiffre d’affaires du secteur. Baisse des volumes, embauches de la part des transporteurs et mise en œuvre de solutions opérationnelles de plus long terme semblent expliquer cet assouplissement. Le fléchissement des volumes devrait se poursuivre cette année puisque 66 % des chargeurs prévoient une augmentation contre 73 % l’an passé sans pour autant impacter de façon significative la sous-capacité. Pour preuve, 65 % considèrent que la capacité reste insuffisante (- 3 points) et qu’elle le restera en 2019 : 64 % anticipent des difficultés en la matière (- 7 points).

Taux de défaillances supérieur à 5 %

Ce constat n’est pas homogène toutefois. Dans le general cargo, l’offre s’est en effet plus rapidement reconstituée tout comme à l’international. En température dirigée, la situation est stable et, sur le segment des vracs liquides et surtout solides, les difficultés se seraient en revanche aggravées ; conséquence sans doute d’un manque de matériels dû à une forte demande boostée par plusieurs chantiers dont du Grand Paris. À la baisse des volumes, la mobilisation des transporteurs en termes de recrutement est également reconnue ; la pénurie de conducteurs étant présentée comme la principale cause de la sous-capacité et de la hausse des tarifs. Laquelle s’est élevée à près de 2 % en 2018 et devrait connaître la même tendance cette année.

"Hausse des tarifs estimée à 2 % environ en 2019"

Cette moindre tension n’a pas eu, pour l’heure, d’impact significatif sur la qualité de service. Regroupant les reports et les annulations, le taux de défaillances ressort à 5,2 % (- 0,5 point) et demeure, de l’avis de Bp2r et de l’AUTF, "anormalement élevé". En termes de qualité de service, la note attribuée par les chargeurs à leurs transporteurs stagne d’ailleurs à 3,9 sur 5. Comme l’an passé, les transporteurs notamment sur le lot complet, sont mieux notés que les commissionnaires et les opérateurs du groupage, de la messagerie et du colis.

Les solutions "court-termistes" désavouées

Parmi les critères de sélection des transporteurs, la qualité de service reste d’ailleurs la première priorité devant le prix. Cet enjeu qualitatif apparaît également dans les solutions privilégiées pour résoudre les problèmes capacitaires puisque 81 % des chargeurs déclarent vouloir nouer des relations durables avec leurs prestataires (+ 10 points). Suit l’optimisation des ressources (57 %, + 15 points) tandis que l’amélioration des conditions d’accueil des conducteurs sur site est davantage pris en compte (14 %, + 6 points).
A contrario, les approches "court-termistes" s’essoufflent. Seul un tiers environ pense qu’augmenter le nombre de transporteurs est une réponse adéquate à la crise capacitaire. Quant au recours à des fournisseurs étrangers, elle ne semble pas faire recette, du moins au sein de schémas domestiques. En 2019, 13 % l’envisagent et, en 2018, seuls 10 % reconnaissent avoir substitué des transporteurs étrangers à des prestataires français. "Ils sont 21 % à avoir fait l’inverse et cette tendance devrait s’accélérer en 2019".
À noter que ces tendances globales sont détaillées dans l’enquête par activités general cargo, température dirigée, vracs liquide, pulvérulent et solide, par transport domestique et international ainsi que par segments lot, messagerie et colis.