Le numérique, "un outil d'aide à la décision"

Est-ce que les outils numériques permettent de progresser plus vite, de mieux s'adapter au marché ? Faut-il se méfier du tout numérique ? Autant de questions soulevées à Brest par les professionnels du maritime invités à venir partager leur point de vue lors de la 14e édition des Assises de l'économie de la mer.

Le numérique s'ancre résolument chez les armateurs comme dans les ports. Lorsque les entreprises ne développent pas elles-mêmes leurs propres innovations, elles mettent en place des partenariats pour mettre au point les outils qu'elles recherchent. Débat à Brest, lors des Assises de l'économie de la mer…
Le numérique accompagne partout le groupe Louis Dreyfus Armateurs (LDA). Dans le design et la conception de ses navires opérés notamment en mer du Nord, il a permis de garantir la stabilité sur les navires de services qui sont déployés en mer du Nord. Sébastien Floc'h, directeur général adjoint du groupe armatorial, indique que la filiale LDA Lab réfléchit à un câblier du futur. Il met toutefois en garde sur le "tout automatique", qui reste, selon lui, "un piège".

"Les ports doivent se doter d'outils pour devenir des entreprises agiles"

Pour sa part Michel Foulon, directeur central des Systèmes d'informations de CMA CGM, rappelle que le groupe a créé à Marseille son premier incubateur international. Ce dernier accompagne des start-up nationales et internationales dans des secteurs complémentaires du maritime, conformément aux vœux de Rodolphe Saadé, son PDG. "On travaille également avec le Carburateur, un incubateur situé dans les quartiers Nord de Marseille", a-t-il souligné. Il évoque également le concept de blockchain et le partenariat avec Traxens. Le groupe armatorial détient une partie du capital de l'entreprise aux côtés de MSC qui "pilote les conteneurs en mer comme à terre", telle qu'il la définit, en accord avec la société américaine Shon. Selon lui, "le numérique fournit de nombreuses informations susceptibles d'aider à la décision". Et d'évoquer les conditions météorologiques, les marées, etc.

"Le tout automatique est-il un piège ?"

Faire le point sur l'ère du numérique sans évoquer la création récente de l'alliance entre cinq armateurs mondiaux conteneurisés eût été surprenant. Michel Foulon estime que ce groupement technique demeure ouvert. Reste à savoir aujourd'hui si le chinois Cosco se joindra aux cinq autres.
Du côté des infrastructures, pour Christine Cabau-Woehrel, la présidente du directoire du Grand Port maritime de Marseille (GPMM), la notion de smart port coïncide avec la nouvelle mission de "port entrepreneur" insufflée par la réforme. Selon la directrice générale, les ports doivent "trouver de la valeur ajoutée". Elle mentionne le concept de "smart port" élaboré avec la CCI Marseille-Provence, qui s'inscrit dans le cadre de la transformation économique de l'établissement portuaire. Un défi lancé avec les entreprises Interxion et Naval Group. Pour la patronne du port phocéen, "les ports doivent se doter d'outils pour devenir des entreprises agiles".
Lorsque les entreprises ne conçoivent pas elles-mêmes leurs propres innovations, elles font appel aux autres. Du côté de Bureau Veritas, Mathieu de Tugny, le directeur des Opérations Marine et Offshore, indique avoir développé un partenariat avec Dassault Systems dans le cadre d'une plateforme collaborative. Alain Riou, vice-président des Ventes de Sinay, indique que la société de gestion de données maritimes en open source a développé une plateforme grâce au concours de l'Ademe.
Au Centre national d'études spatiales (Cnes), la démarche est tout autre. Gilles Rabin, le directeur de l'innovation, explique que la structure reste adaptable. "On travaille toujours avec les industriels. Nous nous positionnons côte à côte afin de déterminer leurs besoins et de voir comment y répondre".