Le personnel SNCF mécontent d'un projet de transformation

03/12/2020 AFP

Les élus du Comité social et économique de l'activité Fret SNCF ont voté pour la réalisation d'une "expertise externe" sur un projet de transformation de cette activité en difficultés.

Une expertise sur le projet "Fret SNCF 2025" a été confiée le 2 décembre au cabinet Secafi, qui doit la rendre "à la mi-janvier", ont annoncé les sources syndicales. Avec ce plan, la direction vise "un retour durable à une croissance rentable à l'horizon 2025", a indiqué un élu du Comité social et économique (CSE). Le plan contient une phase de "transformation de 2021 à 2023", notamment en "adaptant l'offre commerciale", en "simplifiant" l'organisation et en "réduisant les coûts", y compris en diminuant les effectifs, a-t-il détaillé.

"Des mesures d'amélioration de la productivité, de diminution de la masse salariale doivent être prises en 2021 et 2022 pour préserver l'entreprise et essayer de sauver les meubles avant une phase de développement à partir de 2023", a déclaré un autre membre du CSE. 
Le chiffre d'affaires devrait chuter de "20 % cette année" par rapport à 2019, a-t-il dit, en citant "une estimation de la direction". "Ce projet n'apporte rien d'innovant ou d'ambitieux pour renverser la situation. Il n'y a rien de concret, sauf pour supprimer du personnel", a-t-il critiqué.

Un reclassement théorique

En 2021, il devrait y avoir "600 suppressions de postes", dont "une centaine de conducteurs" de trains, a indiqué Bruno Poncet, secrétaire fédéral de Sud-Rail, membre du CSE. Ces suppressions d'emplois sur un effectif actuel de 5.800 personnes (contre environ 11.000 en 2010) seront réalisées "au fur et à mesure des restructurations locales", avec des reclassements au sein du groupe SNCF, des départs à la retraite non remplacés et "peut-être des mesures d'incitation à quitter l'entreprise", a-t-il ajouté.

"La direction dit que les cheminots du fret pourront trouver d'autres postes dans le groupe, mais c'est très théorique. On est très inquiet. Les postes à pourvoir ne demandent pas forcément les mêmes qualifications" et pour un conducteur de train de fret, "conduire un TER, ce n'est pas une promotion. C'est de la mobilité forcée", a-t-il estimé. Cette année déjà, "une centaine de conducteurs" de Fret SNCF l'ont quitté et "la plupart" ont été affectés sur des lignes TER, a-t-il terminé.