Le plan France relance, un accélérateur de la stratégie nationale portuaire

18/11/2020 Érick Demangeon

Le plan France relance devrait accélérer la mise en œuvre de la stratégie nationale portuaire dont la présentation détaillée est annoncée avant la fin de l’année. Les assises "Port du futur" ont permis d'en découvrir les principaux objectifs.

Le rendez-vous de la ministre de la Mer, Annick Girardin, devant la commission sénatoriale de l’aménagement du territoire et du développement durable  annoncé en début de mois a été confirmé par Nicolas Trift, le sous-directeur des ports et du transport fluvial à la DGITM, le 17 novembre, lors du webinaire d’ouverture des dixièmes  assises "Port du futur".
Concernant la stratégie nationale portuaire il a été indiqué qu'elle sera présentée avant la fin de l’année. "Il s’agit d’une stratégie offensive de reconquête de parts de marché élaborée en partenariat avec les régions et tous les ports autour de quatre axes", a dévoilé Nicolas Trift.
Le premier axe cité porte sur "l’amélioration de la performance et de la compétitivité des ports dans les chaînes logistiques" et "un renforcement de la capacité d’autofinancement des autorités portuaires". L'autre objectif poursuivi est la contribution des ports dans le développement économique et de l’emploi dans les territoires, selon Nicolas Trift. Pour remplir ce rôle, le sous-directeur évoque l’importance du transfert modal vers des modes massifiés ferroviaire et fluvial "pour desservir des hinterlands plus profonds". Les autres axes de cette stratégie nationale portuaire porteront sur l'accélération de la transition écologique, énergétique et numérique des ports.

Financer par le plan France Relance

Le nouveau système d’échanges simplifiés pour les autorisations administratives des marchandises, appelé "France Sésame", est annoncé pour 2021. Il est présenté comme l’un des leviers de la numérisation des procédures portuaires. Ce système s’inscrit dans le cadre du programme "Guichet unique national (GUN)".  Il est conçu par les douanes (DGGDI) avec les directions générales de l’alimentation (DGAL) et de la concurrence (DGCCRF).
Deux autres dispositifs sont également à l’étude pour renforcer l’attractivité des zones portuaires et dynamiser leurs capacités foncières. Figurant dans le projet de loi de finances 2021, le premier est d'ordre fiscal. Il s'agit du "projet de taxation forfaitaire des quais et des terre-pleins", confie Nicolas Trift. Cette mesure est censée apporter plus de visibilité aux investisseurs. Le second dispositif à l’étude vise à créer des "zones économiques spéciales portuaires" où les formalités d’implantation seraient simplifiées et instruites dans des délais courts.
Les 175 millions d’euros du plan France relance destinés aux ports français entre 2020 et 2022, financeront la stratégie nationale portuaire pour partie, à savoir son volet portant sur la transition énergétique et écologique en particulier. Les investissements du plan France relance dans le ferroviaire, le fluvial et l’hydrogène décarboné, financeront ces autres objectifs, a ajouté Nicolas Trift.

Attentes fortes

Prévu lors d’un prochain Comité interministériel de la mer (Cimer), le lancement de la stratégie nationale portuaire est attendu avec impatience par les professionnels de la logistique "à condition qu’il s’accompagne d’une meilleure fiabilité des ports français dans le traitement des marchandises", insiste Anne-Marie Idrac, la présidente de France Logistique. Cette attente "est à l’origine de la charte d’engagement des acteurs des chaînes logistiques françaises ("L’Antenne" du 9/10/20), rappelle-t-elle. L’association qui rassemble six organisations professionnelles du transport et de la logistique ainsi qu’une dizaine de grands groupes de ce secteur ("L’Antenne" du 17/11/20) encourage les autorités portuaires à travailler avec ses membres pour desservir des hinterlands plus étendus et dans leur prise de décision. Saluant la création de la plateforme douanière "France Sesame", Anne-Marie Idrac note aussi avec satisfaction les projets visant à simplifier l’implantation des entreprises dans les zones portuaires. Ce travail semble déjà engagé dans plusieurs ports. À titre d'exemple, le Grand port maritime de Marseille Fos "mène actuellement les études de biodiversité "quatre saisons" sur des parcelles foncières à Fos dans le but de désamorcer les facteurs d’incertitude et les délais d’instruction lors de projets d’implantation ", explique son délégué général Stéphane Reiche.