Le port de Hambourg reprend sa part

Le port de Hambourg a redressé la barre au cours des trois premiers trimestres. La performance du troisième port d'Europe est surtout remarquable dans le secteur-clé du conteneur, où il surpasse ses concurrents.

Après le léger repli de son activité 2018 (- 1 %), Hambourg se reprend. Le trafic global du port allemand a progressé de 3,2 % sur les neuf premiers mois de l'année à 104 millions de tonnes. La direction se félicite d'une croissance "surpassant clairement celle de ses principaux concurrents d'Europe du Nord".
La performance du troisième port d'Europe est plus remarquable encore sur le segment du conteneurs, spécialité de Hambourg qui constitue près de deux tiers de son volume. Sa progression a été de 6,9 %, pour un total de 7 millions d'EVP sur les neuf premiers mois de l'année. Sans préciser sa part de marché, le port affirme avoir repris 0,7 point de pourcentage sur ses voisins du range Nord, "dont le taux de croissance moyen a été de 3,4 %".

Le transatlantique dope le conteneur

L'autorité portuaire évoque comme raison principale de cette tendance le lancement de quatre services transatlantiques (par Hapag-Lloyd et ONE) et de quatre lignes feeders en mer Baltique. À fin septembre, le port hanséatique a ainsi plus que quadruplé ses échanges avec les États-Unis (439.000 EVP), son deuxième partenaire commercial. Le port dispose désormais de 14 services directs desservant 29 ports aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Globalement, il a vu apparaître 15 nouvelles lignes régulières, interocéaniques ou feeder, au cours des neuf premiers mois de 2019. "Une claire démonstration que nous sommes attractifs pour les armateurs et les chargeurs", commente Ingo Egloff, co-PDG de Hamburg Hafen Marketing (HHM).

"La croissance de Hambourg surpasse clairement celle de ses principaux concurrents"

“Avec 2,6 millions d'EVP (+ 4,3 %) la croissance de 4,3 % des transbordements a contribué aux bons résultats", poursuit le dirigeant du principal hub pour les ports de la Baltique, qui estime que Hambourg est sur la bonne voie, avec le lancement des travaux d'extension du chenal d'accès sur l'Elbe qui augmentera la capacité d'accueil. Depuis le début de l'année, le nombre d'escales de porte-conteneurs de plus de 18.000 EVP a augmenté de 18 % (123).

Le ferroviaire en grande forme

La qualité des connexions terrestres du port a encore été mise en évidence cette année. Les flux depuis et vers l'hinterland du port hambourgeois ont atteint 4,4 millions d'EVP, en hausse de 8,6 %. Le premier port ferroviaire d'Europe a confirmé son statut avec une augmentation de 11,9 % de ses pré et post-acheminements par le rail, qui ont atteint 2,1 millions d'EVP. Le bénéfice environnemental est renforcé par le fait que 100 % des convois sont réalisés en traction électrique. Au total, 36,6 millions de tonnes de fret (+ 5,2 %) ont été convoyées par le fer depuis et vers le port.
Jens Meier, PDG de Hamburg Port Authority apprécie le fait que le réseau ferré portuaire ait battu son record du premier trimestre (694.500 EVP) en atteignant 698.500 EVP au troisième trimestre et souligne l'augmentation de la longueur des convois. Le port a vu passer 1.600 trains de plus de 700 mètres de long, soit une hausse de 70 % comparé à 2017.

Tassement des vracs

Les vracs solides et liquides, qui comptent en cumulé pour presque un tiers du trafic à Hambourg, ont suivi une tendance inverse à celle du conteneur, en baisse de 2,1 %, à 31,6 millions de tonnes après neuf mois d'activité. Les importations ont crû de 1,1 % (24,8 millions de tonnes), grâce aux produits manutentionnés par succion (céréales et graines oléagineuses) (3,2 Mt, + 8 %).
Les flux de marchandises grutées (charbon et minerais) ont diminué de 3,1 % (14,4 Mt) malgré a bonne tenue des importations de minerais pour l'industrie sidérurgique (+ 1,4 %, 7,8 Mt).
Les volumes entrants de vracs liquides (brut et produits pétrolier) ont crû de 7,7 % (7,2 Mt).
Hambourg a bénéficié des basses eaux du Rhin qui n'ont pas permis aux trafics de produits pétroliers d'être traités plus à l'ouest, à Rotterdam et Amsterdam.
Quant aux exportations, elles se sont amoindries de 12,3 %, à 6,8 Mt, principalement du fait d'une mauvaise campagne céréalière, justifie le port.