Le port de Sète prend des airs de spécialiste de la Turquie

04/12/2019 Vincent Calabrèse

Le transfert de la ligne Toulon-Pendik vers Sète a braqué tous les projecteurs vers le port languedocien. Une décision prise par le danois DFDS, le propriétaire d'UN Roro, qui en fait le spécialiste des lignes ro-ro entre la Turquie et le Sud de la France.

Avec l'arrivée de DFDS et de ses trois escales hebdomadaires depuis le mois d'octobre, qui vient s'ajouter au service assuré à celui d'Ekol Logistics, EPR Sud de France s'affiche comme le spécialiste des liaisons roulières françaises avec la Turquie. La décision du groupe danois de concentrer son activité à Sète avec une capacité hebdomadaire de 440 unités roll au lieu de 300, selon le chiffrage d'Olivier Carmès, encourage le port héraultais d'avoir misé sur la Turquie.
La poursuite du développement d'Ekol en matière ferroviaire l'a incité à investir dans une nouvelle plateforme livrable en fin 2020 qui permettra, pour son dirigeant, "de tripler les capacités de chargement".
À trois mois de la fin de l'année, de nombreux indicatifs sont au vert. Au cours des neuf premiers mois de l'année 2019, le port sétois a bénéficié d'une hausse de 2 % du tonnage, de 5 % du nombre d'escales et connu une progression de 12 % de son chiffre d'affaires par rapport aux trois premiers trimestres de 2018. Trois critères qui le rendent plutôt optimiste pour l'année en cours. Il table sur un record en matière de chiffre d'affaires, soit battre son 6e record historique. Il émet un doute quant au tonnage qu'il souhaiterait voir atteindre, à savoir 4,2 Mt.
Selon lui, les vracs solides constituent une des filières qui se sont hissées à un bon niveau. L'année 2018 avait subi l'impact de l'arrêt de l'usine Saipol, se souvient le dirigeant portuaire. "Nous avions connu une mauvaise saison pour les engrais l'an dernier. On retourne cette année sur un bon niveau en matière de vracs solides", estime-t-il.

Le bétail atteint des records

Olivier Carmès souligne l'arrivée d'un nouveau trafic en juin. Ces clinkers en vracs conteneurisés en provenance de Turquie sont réacheminés du port de Sète vers Tonneins dans le Lot-et-Garonne par voie ferrée. Une ligne opérée par Regiorail pour Alienor Ciments. Selon lui, ce nouveau trafic, dont il estime le potentiel annuel à 400.000 tonnes, s'est déjà élevé à 100.000 tonnes en cumul depuis le début de l'année.
En matière de vracs liquides, il rappelle que le groupe pétrolier britannique BP achève ses travaux à la fin de l'année pour son nouvel appontement. La livraison de ces installations, dans lesquelles il a investi 100 millions d'euros, est prévue fin décembre. Pour Olivier Carmès, le premier navire pétrolier est attendu en janvier 2020. La filière des hydrocarbures garantit au port 28 % du tonnage.
Seule ombre au tableau, le trafic des automobiles neuves Hyundai. "2018 avait été une année exceptionnelle. Le premier semestre 2019 était de même envergure. Mais le trafic part à Marseille. On va donc revenir des évolutions plus classiques", regrette-t-il.

"Les flux de voitures Hyundai quittent l'EPR au bénéfice de Marseille"

Quant au bétail, il estime qu'il a bien repris. Il explique que le port de Sète avait connu en 2017 et 2018 deux mauvaises années dans cette filière. "Après 55.000 têtes en 2018, on atteindra 150.000 têtes cette année. On revient sur des records".
En matière de passagers, l'EPR Sud de France connaît un tassement. Il atteint 130.000 voyageurs contre 140.000 en 2018. L'explication de cette tendance est due, selon le directeur de l'établissement portuaire, à la suppression par GNV des escales d'hiver. Dans la croisière, l'activité va passer de 115.000 à 120.000 passagers cette année.