Le report modal, l'automoteur du bassin de la Seine

Le transport fluvial a connu sur le bassin de la Seine une hausse de trafic en 2019. Cette augmentation, évaluée à 10 % par Voies Navigables de France, est due notamment à la bonne tenue des matériaux de construction et de l'agroalimentaire.

Le bassin de la Seine a achevé l'année 2019 sur un trafic de 3,9 milliards de tonnes-kilomètres, soit une hausse de 10 % par rapport à 2018, a estimé Voies Navigables de France (VNF). En outre, le gestionnaire national du réseau estime que le report modal a atteint l'an dernier un niveau record.

Le moteur des chantiers du Grand Paris

Répertoriée par l'établissement public de la voie d'eau comme étant la principale filière utilisatrice du mode fluvial, les matériaux de construction ont augmenté de 14 % en tonnes transportées (15,6 Mt). Les agrégats continuent de bénéficier d’une dynamique grâce à l’activité des travaux publics, et notamment par la réalisation des chantiers du Grand Paris (Grand Paris Express, Éole…) qui ont, selon VNF, "intégré le mode fluvial dans leurs chaînes logistiques pour l’approvisionnement des chantiers en matériaux et l’évacuation des déblais". Le gestionnaire évalue ainsi à 1 Mt les déblais évacués par voie fluviale pour les chantiers du Grand Paris Express et à 200.000 t le trafic destiné à la construction du RER parisien Éole.

"Le conteneur a connu une stabilité en 2019"

À 4,2 Mt, la filière agroalimentaire (céréales et oléagineux) a progressé en 2019 de 15,4 %, contre 17,6 % en 2018. VNF observe la stabilité de la filière métallurgique mais une baisse de 4,7 % des produits chimiques et une chute de 14,8 % des produits énergétiques. Une tendance due à la fermeture du pipeline francilien, de la raffinerie de Grandpuits pendant six mois et de l'unité havraise de Gonfreville (affectée par un incendie).

La filière céréalière utilisatrice de la voie d'eau

Le conteneur a connu en 2019 une stabilité par rapport à 2018 puisqu'il a marqué un repli de 0,7 % sur le bassin séquanien, à 263.000 EVP. Le gestionnaire de la voie d'eau attribue cette légère baisse aux mouvements sociaux de décembre dans les ports du Havre et de Rouen. L'établissement public souligne que, au niveau national, l'année a été marquée par "une reprise de l’activité conteneurs, avec une augmentation de 2,6 % et un trafic estimé à 567.000 EVP".
Quant aux perspectives pour 2020 sur le bassin de la Seine, VNF reste très optimiste. L'établissement public estime que "les années à venir laissent augurer de belles perspectives de croissance (…) avec une filière céréalière de plus en plus utilisatrice de la voie d’eau, de nombreux chantiers franciliens en cours ou en démarrage". Il s'attend à 1,4 Mt de matériaux à déblayer ou approvisionner pour la construction des chantiers liés aux jeux Olympiques de 2024 à Paris.