Le trafic maritime de Haropa en repli, le fluvial sur la bonne pente

Les trois ports de l'ensemble portuaire séquanien Haropa ont achevé l'année 2019 sur trafic maritime en recul mais une hausse du fluvial. Toutes les filières ont ralenti à l'exception des vracs solides, grâce à la bonne santé des céréales rouennaises.

Sur l'axe Seine, l'ensemble portuaire Haropa a annoncé, dans un communiqué de presse, un trafic global de 90 millions de tonnes pour l'année pour l'année 2019, en recul de 5 %. L'établissement attribue cette baisse annuelle de 4,8 Mt à des arrêts techniques sur des raffineries, l'arrêt prévu du charbon et la baisse du conteneur dû aux mouvements sociaux de fin d'année.
Avec un total de 2,9 millions d'EVP pour les trois ports du GIE, le conteneur a enregistré un repli de 3,5 %. Haropa attribue cette perte de 104.000 EVP au conflit social lié au projet de loi de la réforme des retraites qui a commencé à perturber l'activité en décembre. L'établissement estime que pour la filière conteneurs notamment, il s'est traduit par l’annulation de 52 escales. Autre facteur expliquant le recul de trafic, la baisse de 9,5 % du volume de conteneur en transbordement (72.000 EVP).

Le terminal multimodal décolle

En revanche, il souligne la stabilité du trafic conteneurisé sur l'hinterland (1,7 M EVP), la progression des modes massifiés en matière de pré et post-acheminements. Selon lui, le fluvial est passé de 9,5 % à 9,9 % en un an et le ferroviaire de 3,8 % à 4,7 %.
Quant au terminal multimodal du Havre, il a connu une forte progression puisqu'il a vu son activité croître de 18 % pour s'établir à 148.000 EVP. Le terminal fluvial de Genevilliers, pour sa part, a vu son volume augmenter de 13 %.
"2019 confirme la solidité et la croissance de certaines filières stratégiques : parmi elles figurent les conteneurs maritimes sur l’hinterland, créateurs de valeur ajoutée pour les territoires. Ce développement se conjugue avec une activité fluviale et ferroviaire en plein essor sur nos terminaux multimodaux et avec de nombreux développements logistiques programmés", commente Baptiste Maurand, directeur général de Haropa-Port du Havre.

Les vracs secs portés par les céréales

Les vracs solides ont crû de 3,8 % pour s'établir à 14 Mt. Cette hausse a été portée par les céréales du port de Rouen qui, avec 8,3 Mt, ont connu une augmentation de 9,3 %. Autre bon résultat, le trafic record BTP à Ports de Paris qui a bondi de 39 % sur la filière ciment et clinker grâce aux travaux en Île-de-France. En revanche, le charbon a baissé de 52 % en raison de l'arrêt du trafic au Havre.
L'établissement portuaire pointe toutefois le développement des segments biocarburants et biomasse, en lien avec les enjeux de la transition énergétique et les trafics de la filière "bois énergie" qui ont ainsi été multipliés par plus de quatre sur une année.
"Rouen a traité près de 23,5 millions de tonnes de marchandises (+ 2,5 %). L’approfondissement du chenal qui nous a permis d’accueillir des navires de très fort tirant d'eau profite ainsi à différentes filières. Les céréales atteignent des volumes qui comptent parmi les meilleurs résultats depuis vingt ans, tandis que les exportations de produits pétroliers augmentent de 15 %", a déclaré Pascal Gabet, directeur général de Haropa-Port de Rouen.

Des arrêts techniques de raffineries

À 45 Mt, les vracs liquides ont fléchi de 7,5 % pour les ports de l'ensemble séquanien. Haropa explique la tendance par "la fermeture du pipeline d’Île-de-France et de la raffinerie de Grandpuits de fin février à mi-juillet" ainsi que par "l’arrêt programmé de la raffinerie de Total à Gonfreville-l'Orcher de septembre à fin novembre et l'incendie déclaré survenu le 14 décembre sur une pompe du site".
Au-delà du pétrole brut, le trafic des vracs liquides (dont les produits raffinés et les hydrocarbures gazeux) a progressé de 2 % à 25 Mt.

"Le fluvial a bénéficié de la dynamique du report modal"

Quant au roulier, il a ralenti de 5,4 %. La direction de Haropa estime que ce recul est dû au taux d’occupation des surfaces de stockage de véhicules qui atteint 100 %, couplé à un changement de "business model" des opérateurs.
Enfin, du côté de la croisière, après une année 2018 exceptionnelle, les résultats (420.600 passagers et 218 escales) se sont montrés conformes aux attentes du port. L'établissement se montre optimiste en analysant le profil du marché.
Haropa salue la bonne performance du terminal croisières de Honfleur, qui a atteint 60 escales, et la poursuite de la dynamique sur le terminal de croisière de Rouen (+ 14 % en passagers).
"Les résultats en demi-teinte de l’année 2019 nous montrent à la fois la force de Haropa avec son offre maritime et fluviale multi-filières et nos marges de progrès. Mon ambition qui sera matérialisée par notre futur plan stratégique 2020-2025 est de réussir, avec nos places et écosystèmes portuaires, les défis qui sont devant nous au service des clients et des territoires".
Pour l'établissement portuaire, 2019 a également connu une forte hausse des trafics fluviaux, portée principalement par les conteneurs maritimes et les flux urbains, le dynamisme du secteur de la construction lié au Grand Paris ainsi que la croissance des exportations de céréales. Avec plus de 25 Mt manutentionnées en Île-de-France, l’activité portuaire fluviale a battu un record depuis 1992.
Les filières vrac et conteneur progressent de 13 % et s’établissent en Île-de France à plus de 25 Mt. Un volume porté, selon Haropa, par l’ensemble des segments de trafics matérialisant "une très bonne dynamique de report modal en faveur de la voie d’eau".  Les conteneurs maritimes ont progressé de 19 %, la logistique de distribution urbaine du dernier kilomètre de 43 % et le transport de déchets de 12,5%.