Le train, valeur sûre des Journées du patrimoine
Une centaine d'associations françaises s'occupent d'une bonne partie du matériel historique français, des locomotives ou wagons essentiellement cédées par la SNCF, ou laissées en dépôt. Le groupe public les aide surtout en nature, par exemple en leur ouvrant les portes de ses ateliers.
Ces associations sont à pied d'œuvre chaque année pour les journées du patrimoine. "Elles sont liées à la SNCF par toute une série de conventions qui leur permettent en particulier de faire rouler des trains historiques sur le réseau national en toute sécurité", précise Marie-Noëlle Polino, chargée de projets patrimoine et mémoire à la compagnie nationale.
Pour la SNCF, "le patrimoine c'est évidemment du matériel roulant, mais c'est aussi le réseau, des ouvrages d'art, des bâtiments historiques dans lesquels on vit tous les jours, et qu'on a à cœur d'entretenir de façon à préserver leur valeur esthétique et historique, autant que la prouesse technique dont ils sont les porteurs", décrit-elle.
La SNCF a créé une direction du patrimoine il y a un an, qui s'intéresse aussi aux objets du quotidien et aux représentations du domaine ferroviaire dans le cinéma, la photographie ou la peinture. "La prise de conscience, ça a été vraiment les 80 ans de l'entreprise (en 2018, NDLR), qui ont généré du lien en interne comme en externe (...), dans un contexte aussi où la SNCF est en transformation" avec la réforme ferroviaire et l'arrivée de la concurrence, note la cheffe du nouveau service Florence Brachet Champsaur. "Le patrimoine est un repère !"
Certains objets plus contemporains sont désormais préservés, la SNCF – qui dispose elle-même d'un grand musée à Mulhouse – ayant récemment mis de côté la rame TGV numéro 16 qui a battu un record de vitesse à 380 km/h en 1981, visible à La Rochelle ce week end. "Les Journées européennes du patrimoine l'an dernier, c'était 28.000 visiteurs pour 70 événements", rappelle Florence Brachet Champsaur. "On en a 91 cette année".
Au programme de la SNCF cette année, on trouve en bonne place le bunker de la gare de l'Est à Paris, la présentation des rames restaurées de l'Orient-Express à Lyon, le touchant musée du cheminot d'Ambérieu (Ain), des circulations de rames historiques, l'ouverture des portes du centre des archives du personnel de Béziers, les coulisses des gares de Bordeaux, Brest, Metz et Tours, ou encore des visites de centres techniques et de postes d'aiguillage remarquables.