Les Ports de Lille ont surmonté la crise

29/01/2021 Étienne Berrier

Record dans les conteneurs, record de tonnage en fluvial, augmentation du combiné ferroviaire : les Ports de Lille voient leur trafic progresser et la part des transports intermodaux atteindre 35 %.

Alors que l’année 2020 a été catastrophique pour nombre d’entreprises, le port de Lille "tire son épingle du jeu" selon son directeur général, Alain Lefebvre, qui estime même que "l’année peut être qualifiée de bonne." De fait, les résultats de l’activité 2020, annoncés le 26 janvier par Denis Demailly, le directeur général adjoint et directeur commercial, sont globalement positifs.  Sur l’ensemble des douze sites portuaires des départements du Nord et du Pas-de-Calais qui sont exploités sous la bannière des Ports de Lille, le trafic, tous modes confondus, atteint 7,5 millions de tonnes (Mt), soit un des dix meilleurs résultats annuels de l’ensemble portuaire.

Une communauté impliquée

Le fluvial, surtout, se démarque avec en 2020 un tonnage de 2,1 Mt, en hausse de 10 % par rapport au record historique de 2019. "VNF, notre concédant, nous avait fixé en 2013 un objectif de trafic de 2 Mt. Objectif aujourd’hui atteint", souligne Denis Demailly. "La communauté portuaire dans sa totalité, clients, partenaires et collectivités publiques, s’est impliquée et a fait preuve de capacité d’adaptation" ajoute-t-il.

La hausse des transports fluviaux est également due à l’arrivée de nouveaux clients. Notamment dans le secteur du recyclage, sur la plateforme portuaire de Santes avec le spécialiste de la dépollution des sols Verdipole, ou encore le ferrailleur Baudelet. Dans le domaine de l’agroalimentaire aussi, un nouveau trafic a vu le jour avec le spécialiste de l’amidonnerie Roquette Frères, qui a agrandi de 40.000 m² son site de Santes pour ses activités liées aux produits pharmaceutiques et à l’alimentation des nourrissons.

Activité conteneurs en hausse

Un transport fluvial conteneurisé, réalisé par Danser, a été mis en place depuis son usine de Lestrem jusqu’à Santes, via le port de Béthune. Cela apporte près de 100.000 EVP supplémentaires à l’activité conteneurs du port de Lille qui augmente donc de 59 % par rapport à 2019 pour atteindre 256.000 EVP en 2020, nouveau record historique qui pulvérise le précédent, établi en 2017. Toujours dans le domaine des conteneurs fluviaux, les transports de déchets conteneurisés dans la métropole de Lille ont aussi progressé, avec une activité en hausse de 14 %. En revanche, les conteneurs maritimes embarqués sur barge à destination des Ports de Lille subissent une baisse de trafic. "Avec la problématique du manque de conteneurs, les armateurs maritimes préfèrent renvoyer au plus vite les boîtes vides vers les ports maritimes pour accélérer leur rotation", souligne Denis Demailly pour expliquer le moindre recours au fluvial entre Lille et les ports maritimes, à l’avantage de la route.

Des trains continuellement opérationnels

Du côté des transports ferroviaires, avec plus de 400.000 tonnes réalisées en 2020, les ports de Lille signent la quatrième meilleure performance annuelle de leur histoire. Le domaine du transport combiné, en particulier, se porte bien : T3M a gardé ses trains en opération constamment, a connu un rebond spectaculaire après le confinement, et termine l’année avec des volumes en progression de 1 %. Et cela, en dépit d’un contexte difficile en 2020, aux grèves et aux confinements venant s’ajouter des travaux à la gare de Lille Délivrance qui ont perturbé les opérations ferroviaires pendant un mois et demi, réduisant l’activité à un train par semaine. Outre le combiné, un des principaux trafics ferroviaires des Ports de Lille est l’expédition de traverses de chemin de fer arrivant par bateaux fluviaux et repartant par train vers des chantiers de ligne à grande vitesse, à raison de 200.000 unités au cours de l’année 2020. Les transports massifiés comptent désormais pour 35 % de l’activité des ports de Lille, ce qui constitue une belle progression puisque bateaux et trains réunis ne totalisaient que 10 à 12 % des trafics au début des années 2000.