Les céréales dopent le trafic sur le bassin Rhône-Saône

15/07/2020 Pierre Lemerle

Si le Rhône a connu une chute du nombre de conteneurs transportés du fait des différents incidents de début 2020, certaines activités domestiques ont « sauvé », en partie, le transport fluvial dans le bassin.

L’accident de l’écluse de Sablons survenu le 17 février, puis les conséquences du Covid-19, ont eu un effet terrible sur le trafic de conteneurs sur le bassin Rhône-Saône. Pour autant l’activité n’a pas disparu. "Globalement, nous enregistrons une forte baisse, constate Rachid Bioud, responsable du bureau économie transport et prospective à VNF Rhône-Saône. Mais elle aurait pu être pire. »

En mai 2020, si le trafic de conteneurs a chuté de 42 %, le fret agricole a augmenté de son côté de 15,7 %. "La filière céréalière a sauvé les meubles", commente VNF. Deux raisons à cela : d’abord, le retard engendré par la fermeture de l’écluse de Sablons a dû être rattrapé. Les grains ont dû ainsi rentrer rapidement pour la nouvelle récolte. Puis la bonne santé de la filière céréalière, alors que les importations russe et ukrainienne ont été suspendues du fait de la pandémie, porte le trafic sur le fleuve. À l’export, des barges partent avec des céréales. À l’import, l’engrais arrive sur le bassin. D'ailleurs le nombre de tonnes d’engrais, mais aussi de papier et de pneus transportés en mai a également bondi de 33 %. 

La filière bois se porte bien

Sur le secteur Saône, la filière bois a également aidé le port de Villefranche-sur-Saône. Plutôt dynamique, ce port a en outre bénéficié de sa position tournée vers les céréales et l’engrais, comme ses voisins, au nord de l'affluent (Macon, Chalon-sur-Saône et Pagny-le-Château). Le port de Villefranche dispose notamment de silos pouvant accueillir plusieurs dizaines de milliers de tonnes de céréales. 

Côté VNF, on fait valoir que la mise en place d’une cellule spéciale pour travailler avec les transporteurs (horaire de passage, etc.) a permis de satisfaire la plupart de ces derniers, malgré les contraintes sanitaires imposées par la crise. Un niveau de service assez intéressant a été conservé.