Les compagnies veulent éviter les quarantaines à l'arrivée

16/09/2020 AFP

Les compagnies aériennes exigent une meilleure coordination entre États s'agissant des contrôles sanitaires qui ralentissent la reprise de leur activité.

Les transporteurs aériens veulent mettre fin aux restrictions "chaotiques" aux frontières alors même que le trafic reste très faible. Elles proposent ainsi des tests systématiques dans les aéroports de départ. L'Association Airlines for Europe (A4E) qui regroupe les principales compagnies européennes, a réclamé la mise en œuvre de "tests rapides et fiables" du Covid-19 dès le départ. Ceci afin d'éviter le recours à la quarantaine à l'arrivée "qui devrait être une mesure de dernier recours".
En effet, l'A4E dénonce ce qu'elle appelle "des restrictions chaotiques aux frontières" et "la confusion régnant autour des mesures de quarantaine, de formulaires passagers et des exigences de tests" variables selon les pays. "Un programme standardisé de tests est nécessaire d'urgence si nous voulons retrouver la confiance des passagers", a insisté Thomas Reynaert, directeur de l'organisation.
De son côté, Alexandre de Juniac, directeur général de l'Association internationale du transport aérien (Iata), a "demandé aux gouvernements de lever les restrictions aux frontières". "On a mis en place toute une procédure pour faire redémarrer le trafic aérien mais les gouvernements ont maintenu – d'ailleurs dans un relatif désordre – des mesures de restriction, principalement la quarantaine ; il faut comprendre que c'est une dissuasion totale à toute forme de voyage", a-t-il déploré.

Coordination entre les États

"Nous disons aux gouvernements : nous comprenons que vous ayez le souci de protéger la population, notamment contre la réimportation du virus. Ce que nous vous proposons et nous sommes en train d'en discuter dans le cadre de l'organisation de l'aviation civile internationale, avec la contribution des autorités sanitaires, c'est de mettre en place une procédure de tests des passagers. Qu'ils soient systématiquement testés à l'aéroport de départ, pour que le pays d'arrivée sache qu'il y a un risque absolument minimal que les passagers qui arrivent chez lui soient infectés par le virus", a détaillé Alexandre de Juniac.
Si le trafic s'est légèrement amélioré en Europe en juillet, il a stagné en août avec seulement 30 % de voyageurs par rapport à la même période l'an dernier, selon A4E.
La coordination entre États doit être "une priorité politique" pour l'Union européenne, a quant à lui martelé Benjamin Smith, directeur général d'Air France-KLM et président d'A4E, ajoutant que les mesures anti-Covid-19 prises "sans aucune coordination au cours des six derniers mois (avaient) eu un impact dévastateur sur la liberté de circulation". "L'incertitude quant aux procédures appliquées à l'arrivée par les autorités" est un des freins au redémarrage, a insisté Patrick Ky, le directeur exécutif de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA). "Nous avons besoin d'une approche européenne commune", a-t-il ajouté.