Les contreparties sociales, enjeu crucial des aides d'État

24/07/2020 AFP

Le gouvernement a demandé le 23 juillet à Airbus de ne pas avoir recours à des départs contraints dans le cadre de son plan social et sera "vigilant" en suivant "de très près la façon dont l'argent public sera employé".
"Le deuxième enjeu, c'est de s'assurer que les jeunes ne soient pas sacrifiés en termes d'emplois. Le troisième enjeu, c'est au niveau de la sous-traitance, il faut pouvoir faire en sorte que notre base industrielle puisse être consolidée, de façon à ne pas perdre de densité industrielle", a indiqué la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher.
Airbus a annoncé début juillet un plan de suppressions d'emplois qui menace 5.000 postes en France dont plus de 3.500 à Toulouse où le groupe et ses filiales emploient 25.000 salariés. Les sites de Saint-Nazaire (près de 600 emplois supprimés) et Nantes (près de 500) sont également touchés.

7.580 postes menacés chez Air France

"Je considère que grâce à l'argent public, on doit avoir des contreparties", a poursuivi la ministre, assurant vouloir "suivre de très près la façon dont l'argent public sera employé, faire en sorte que chacun autour de la table fasse un effort pour qu'ensemble on sauve la filière".
La veille, FO, premier syndicat au sein d'Air France, a dénoncé un soutien de l'État à la compagnie aérienne sans "contreparties sociales", alors que le groupe compte supprimer 7.580 postes.
"Le gouvernement, dans ses déclarations, a fait de l'emploi l'une de ses premières priorités. Or nous faisons le constat amer que dans le groupe Air France-KLM où il est actionnaire et pour lequel il a engagé des aides significatives, les contreparties sociales sont inexistantes", estime FO Air France dans une lettre ouverte aux "élus de la République".
L'État français, actionnaire d'Air France-KLM, a apporté un soutien financier de 7 milliards d'euros, dont 4 milliards de prêts bancaires garantis et 3 milliards de prêt direct, en demandant au groupe franco-néerlandais d'améliorer sa rentabilité et son impact environnemental.