Les douaniers normands prêts pour le Brexit

La direction interrégionale (DI) des douanes de Normandie, qui regroupe les directions régionales de Caen, Le Havre et Rouen, a dressé son bilan 2018. Parmi les inquiétudes, un conflit interne en phase de blocage, l’explosion des trafics de cocaïne et de tabac et surtout la perspective du Brexit.

"Le Brexit, c’est un big bang, un non-sens historique. Mais nous sommes prêts. Sur les trois échéances encore possibles, 1er juin 2019, le 1er novembre 2019 et le 1er janvier 2021 après ratification d’un accord par le Royaume-Uni et avec période d’extension possible, notre préférence va nettement à la dernière hypothèse", commente Jean-Paul Balzamo, directeur interrégional des douanes de Normandie.
Son adjointe, Laurence Coredo, surnommée en interne "madame Brexit", souligne que 30 agents supplémentaires ont été recrutés en 2018 et 32 réunions d’information et de formation ont été effectuées depuis le début 2018 touchant près de 1.200 entreprises concernées en Normandie sur 3.000, dont 78 % travaillent déjà avec des pays tiers.

Arrivée des garde-côtes au Havre

"Et surtout, le système de déclaration dématérialisée et anticipée, couplé à notre système Delta, a déjà été testé avec succès à Cherbourg, Ouistreham et Le Havre. Le dernier essai est programmé à Dieppe le 21 mai prochain", commente-t-elle. "C’est essentiel pour maintenir la fluidité du passage du fret camionné à l’arrivée et au départ des ferries, l’une de nos missions premières", insiste Jean-Paul Balzamo.
Autre bonne nouvelle pour la Normandie, l’implantation au Havre en juillet prochain du service national des garde-côtes (SCN aéromaritime) en charge de coordonner les interventions opérationnelles des actuelles directions régionales (DRGC), avec création de 65 postes à la clé. La DRGC Manche-Mer du Nord dirigée par Joseph Venzal, avec ses 153 agents, trois hélicoptères, un patrouilleur de 43 mètres et trois vedettes, dont une neuve à Cherbourg, y aura toute sa place. Concernant, enfin, le conflit interne qui mine actuellement l’administration des douanes, au sujet des salaires principalement, Jean-Paul Balzamo prône avant tout "le dialogue et la pédagogie".