Les fédérations patronales se fâchent contre Borne
Les organisations professionnelles françaises du transport routier ont réagi d'une même voix après l'intervention d’Élisabeth Borne devant la commission Développement Durable le 23 octobre et ses annonces de vouloir mettre un peu plus à contribution leurs entreprises.
FNTR, TLF, Unostra, OTRE et CSD (déménagement) ont réitéré leur refus catégorique de discuter avec le gouvernement d'une nouvelle taxation des poids lourds. Elles contredisent ainsi Élisabeth Borne, qui a déclaré devant les députés lors de son audition du 23 octobre, avoir engagé une consultation des acteurs du transport routier.
La ministre des Transports "a laissé ainsi entendre qu’une source de financement pourrait être la diminution de la ristourne sur la fiscalité du carburant dont bénéficient les transporteurs", écrivent les syndicats professionnels. Élisabeth Borne a évoqué le 19 octobre l’hypothèse d'une diminution de 6 centimes de leur ristourne sur la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). Elle a ensuite affirmé devant la commission, le 23 octobre, que le transport routier de marchandises était loin de couvrir tous ses coûts externes et pouvait participer davantage à l’entretien des infrastructures.
Piquées, les cinq organisations signataires de cette déclaration assurent : "il ne saurait en aucun cas être question d'une concertation visant à accroître la charge fiscale des entreprises de transports".
Elles rappellent que "l’ensemble de la TICPE appliquée à tous les usagers de la route rapporte plus de 30 milliards d’euros en 2018 à l’État et rapportera plus de 41 milliards d’euros en 2022" et qu'"un centime de TICPE représente 500 millions d’euros pour l’État". Pour les patrons routiers, "la TICPE a pour vocation première le financement des infrastructures" et "30 milliards permettent largement de financer leur régénération et leur modernisation".
Ceux-ci jugent "inacceptable" que le transport routier de marchandises "soit pointé du doigt alors qu’il contribue plus que de raison à la fiscalité sur le carburant".
Les fédérations du secteur fustigent aussi la communication du gouvernement, estimant "inadmissible d'avoir depuis des mois mis en avant la nécessité de taxer les camions étrangers, alors qu'il est patent que l’effort ne sera finalement demandé qu’aux transporteurs nationaux dont la compétitivité est en berne".