Les ports de Lorraine en voie d’unification

La création du Syndicat mixte ouvert marque une première étape vers une exploitation commune des ports le long de la Moselle, aux réalités disparates et qui ont été concurrents par le passé.

La Lorraine avance petit à petit vers une gouvernance unifiée de ses ports. Le chantier n’est pas de tout repos. Le conseil régional du Grand Est, qui s’y est attelé, ne le cache pas. "Il est temps d’arrêter la guéguerre entre les ports de Nancy et Metz", commente David Valence, le vice-président chargé des transports. Pour l’instant, ce sont les entités dépassant les périmètres des deux agglomérations qui lancent le mouvement. VNF et la Région constituent les deux associés du Syndicat mixte ouvert (SMO) qu’ils ont créé en septembre comme nouvelle autorité concédante unique et comme pilote stratégique pour neuf sites portuaires : d’une part les ports publics de Nancy-Frouard, Metz (Nouveau Port), Metz-Mazerolle et Thionville-Illange implantés le long de la Moselle canalisée, d’autre part Maxéville, Toul, Belleville, Catteno et  Koenigsmacker dont les situations  et les occupations diverses impliquent selon les cas EDF, une coopérative agricole, un commissionnaire de transport ou des entreprises de béton. Le capital du SMO reste ouvert aux autres collectivités, souligne-t-on à VNF.

Appel à exploitant

Quant aux CCI de Meurthe-et-Moselle et de Moselle concessionnaires, leur participation est surtout attendue au niveau de la gestion à venir. Le schéma prévoit la création d’une Semop, société d’économie mixte pour l’exploitation, là encore de façon unifiée, sous l’appellation Ports lorrains. La concession respective des ports publics (à 100 % ou dans deux cas mosellans en partage avec ArcelorMittal) s’arrête à la fin de cette année, mais elle est prolongée d’un an pour donner le temps à la Semop de trouver ses actionnaires.

"Il est temps d’arrêter la guéguerre entre les ports de Nancy et Metz"

L’avis d’appel public à concurrence devrait être lancé encore avant la fin de l’année. Il vise à trouver le ou les opérateurs privés partenaires, pour la mise en œuvre du plan de modernisation et développement de ces ports, dont le trafic cumulé annuel se situe à 4,2 millions de tonnes. Le SMO est prêt à leur laisser la majorité de la Semop, dès lors qu’ils prendraient à leur charge l’essentiel des investissements, qui sont chiffrés à 47 millions d’euros. "Nous prospectons et observons des marques d’intérêt aussi bien du côté de la mer du Nord que de la Méditerranée", dévoile David Valence.