Les ports français se mobilisent autour des énergies marines renouvelables

08/10/2020 Érick Demangeon

Les énergies marines renouvelables participent à la transition énergétique de la France. Selon l’Observatoire des énergies de la mer, les ports sont appelés à jouer les premiers rôles dans leur déploiement.

Qu'il soit éolien posé ou flottant, l’investissement moyen dans un parc en France est supérieur à deux milliards d’euros. Sept parcs ont d’ores et déjà été attribués sur les différentes façades maritimes nationales. "Le secteur des EMR se développe à un stade industriel en France avec la construction des premiers parcs éoliens posés en mer" indique Étienne Pourcher, coordinateur de l’Observatoire des énergies de la mer. Le 6 octobre, il a présenté un rapport sur le rôle des ports dans le déploiement de ces parcs (https://merenergies.fr/media/note-OEM-08.pdf) lors d’un webinaire de l’Union des ports de France (UPF). Le premier parc sera mis en service en 2022/2023 au large de Saint-Nazaire.
"Les ports jouent un rôle clé dans la production industrielle, la logistique et la maintenance des parcs éoliens dont la durée de vie est de 25 à 30 ans". Une durée largement supérieure lorsqu'on intègre les aménagements portuaires et industriels qui leur sont liés. De même pour les phases de démantèlement et de recyclage des installations.

600 millions d'euros d’investissement

Vingt ports métropolitains et ultramarins sont aujourd’hui engagés dans le développement des EMR. Pour tous ces ports, les projets EMR supposent de mettre à disposition des fonciers importants et des infrastructures adaptées au traitement de colis lourds et volumineux. Ces installations sont appelées à recevoir des unités de production de pales, mâts, turbines ou de fondations, ainsi que des activités d’assemblage et de stockage. On y trouve aussi des quais et des engins de manutention ainsi que des bases logistiques et de maintenance des parcs afin d'assurer les transits portuaires.
Des centaines sinon des milliers d’emplois sont en jeu se félicite Étienne Pourcher. Pour accueillir ces projets, "200 ha ont d’ores et déjà été fléchés dans les enceintes portuaires françaises et 600 millions d'euros d’investissement ont été programmés. 72 % des projets concernent l’éolien". À ce jour, 25 ha sont déjà occupés par des unités industrielles et 37 % des 600 millions d'euros ont été investis depuis 2010.

Jouer collectif

L’Observatoire des énergies de la mer indique que les aménagements portuaires représentent 12 % des investissements de la filière EMR. Après Saint-Nazaire, les chantiers de Brest et de Port-La-Nouvelle concentrent le gros des investissements en cours, évalués à 55 millions d'euros en 2019. Pour soutenir le développement des EMR dans les ports français, l’Observatoire souligne le besoin de visibilité de leurs autorités portuaires sur la planification des projets et les appelle à collaborer par façade maritime afin d'échanger les bonnes pratiques et d'optimiser les investissements ainsi que les logistiques déployées.