Les routiers espèrent encore un retour en arrière sur la TICPE

Après le vote par les députés le 17 octobre de la hausse de 2 centimes sur le gasoil pour le transport routier, les organisations professionnelles maintiennent la pression.

L'Assemblée a donné son feu vert le 17 octobre à la hausse du prix du gasoil pour les transporteurs routiers. Les députés ont voté en première lecture l'article du projet de loi de finances qui propose de diminuer de deux centimes par litre le remboursement partiel de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) sur le gasoil dont bénéficiait le secteur routier.
Comme le produit supplémentaire de la "taxe Chirac" sur le transport aérien, également réévalué dans le cadre de la Loi de finances 2020, cette augmentation de fiscalité abondera le budget de l'Agence de financement des infrastructures (Afitf), soit 140 millions d'euros en année pleine, selon l'estimation faite par l'État.

Nouvelle échéance

"Il est légitime que le transport routier participe à l'entretien de nos routes qui en ont bien besoin", a jugé la ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne. "Le gouvernement demeure sourd aux attentes du secteur", déplorent les organisations professionnelles qui envisagent de se tourner vers les parlementaires pour faire entendre leur position avec, pour date butoir, le vote du projet de loi de finances en première lecture le 19 novembre prochain. En cas d'échec, elles décideront avec leurs représentations régionales "des modalités d'expression de la colère de la profession", préviennent encore la FNTR, l'OTRE, TLF, ainsi que l'Unostra et la Chambre syndicale du déménagement, tous signataires d'un même communiqué.
"Le projet de loi de finances 2020 alourdira nécessairement la fiscalité des entreprises du secteur du transport et de la logistique", poursuivent-elles, plaidant pour une solution alternative d'une "éco-contribution obligatoire". Le transport routier revendique 600.000 emplois et 40.000 entreprises en France.