Les routiers estiment que le gouvernement "se moque" d'eux
Les fédérations professionnelles du transport routier ont réagi aux propos tenus le 2 septembre par la ministre de la Transition écologique et solidaire devant les députés réunis en commission.
Afin de défendre les contours de son projet de loi Lom, Élisabeth Borne avait déclaré que la réduction de 2 centimes par litre de l’exonération de TICPE sur le gasoil des poids lourds répond à l'exigence "que les transports contribuent au financement des infrastructures". "Purement et simplement faux", répondent FNTR, OTRE, Union TLF, Unostra et CSD (déménagement), s'appuyant sur le récent rapport annuel de la commission nationale des comptes des transports de la nation, qui "indique qu’en 2018, les recettes publiques liées au transport routier augmentent de 6 % par rapport à 2017, soit 2,2 milliards d’euros supplémentaires" sans que l'investissement n'augmente, selon eux : "En cinq ans, l’ensemble des recettes liées au transport routier a augmenté de 5 % alors que les investissements sont restés stables".

Où va l'argent ?

Les syndicats patronaux attaquent aussi l'argument de la ministre qui affirme vouloir faire payer la "politique de mobilité" par "les transports polluants" en reprenant les chiffres du Citepa (Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique) : "Si l’ensemble des transports routiers, voitures particulières comprises, représentent 30 % des GES, le transport routier de marchandises ne représente que 5,7 % des émissions de CO2. Et en matière de polluants, seulement 1,6 % des particules fines".
"Il n’y a aucune raison écologique derrière cette surtaxation. Il s’agit là d’une mesure purement fiscale et l’État cherche tout simplement de l'argent".
Enfin, la FNTR, l'OTRE, l'Union TLF, l'Unostra et le CSD reprochent au gouvernement son "arrogance" et son "mépris". Ils affirment n'avoir "nullement été concertés", malgré leur demande de rendez-vous. "Tout est déjà acté", pour le patronat routier, qui accuse l'exécutif de mettre "en difficulté de nombreuses entreprises".