Les syndicats du rail sceptiques devant le plan du gouvernement

04/09/2020 AFP

L'Unsa ferroviaire a jugé "assez flou" le plan de soutien au transport ferroviaire, présenté jeudi par le gouvernement, tandis que SUD-Rail y voit "la facture de la réforme de 2018", la CFDT-Cheminots prévenant de son côté qu'elle sera "très vigilante sur le maintien des emplois", ont déclaré les trois syndicats.
Si l'Unsa ferroviaire "se félicite" que le chemin de fer soit devenu un moyen de transport "apprécié et attendu", le syndicat "ne va pas se contenter d'un hochet médiatique", a souligné son secrétaire général adjoint, Florent Monteilhet.
Pour Érik Meyer, secrétaire fédéral de SUD-Rail, avec "l'essentiel" de son plan de relance du rail, "le gouvernement ne fait que payer la facture des décisions prises en 2018 avec la réforme ferroviaire", quand il avait notamment "abandonné les petites lignes". Qualifiant de "symbolique" le traitement du fret dans le plan gouvernemental, Érik Meyer a estimé qu'"on n'arrivera jamais à développer le fret ferroviaire s'il n'y a pas un plan étatique pour contraindre les chargeurs à prendre le rail".
La CFDT Cheminots a "pris acte des annonces" du gouvernement sur le fret, les petites lignes et les trains de nuit, qui "répondent en partie à ce qu'on demande depuis un moment", a indiqué son secrétaire général, Thomas Cavel. "Mais on sera très vigilant sur la mise en œuvre opérationnelle de ce plan et sur le maintien des emplois et des compétences", a-t-il averti, en notant que le secteur ferroviaire "a besoin d'investissements importants". Or "les 4,7 milliards d'euros annoncés ne couvrent pas l'intégralité des pertes subies par la SNCF pendant la crise", a-t-il noté. En outre, "la question de l'ouverture à la concurrence devrait être interrogée", a relevé Thomas Cavel.
Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, s'était demandé jeudi sur France 2 "avec qui" allait être relancé le transport ferroviaire : "avec la SNCF, c'est-à-dire un service public, ou avec de la concurrence ?".