Les transporteurs polonais craignent pour leur survie
L'épidémie de coronavirus a rendu "dramatique" la situation des transporteurs routiers polonais, qui dominent le marché de l'UE, ont mis en garde mercredi 11 mars leurs organisations, qui ont appelé l'État à la rescousse.
Pour le transport de passagers, "tout le secteur s'est écroulé en l'espace de quelques jours" et "97 % des entreprises se retrouvent sans travail", a déclaré Rafal Janczuk, président de l'Association polonaise de transporteurs en autocar. "Quatorze mille autocars homologués sont pratiquement à l'arrêt sur des parkings", a-t-il ajouté, en soulignant que les entreprises polonaises travaillent pratiquement dans toute l'Europe. "Le marché des touristes chinois a chuté complètement en premier et c'est un marché important. Puis les autres ont suivi". "Je pense que nos entreprises tiendront le coup au maximum pendant un mois encore", a-t-il estimé.
Son homologue de l'Association polonaise des transporteurs routiers internationaux, Jan Buczek, avance les mêmes revendications à l'égard de l'État. Les transports entre la Pologne et l'Italie ont pratiquement disparu, tandis que la baisse générale des commandes, de 30 % la semaine dernière, atteint actuellement 40 % sur l'ensemble de l'UE. "Cela ne nous est jamais arrivé", dit-il.
Les transporteurs polonais ont pris environ 30 % du marché européen – "leur activité l'année dernière a représenté 200 milliards de tonnes-km" – et s'ils font faillite, "cela impactera non seulement l'économie polonaise, mais celles de tous les pays desservis", insiste-t-il. Son syndicat compte 4.000 entreprises qui emploient au total quelque 400.000 conducteurs. Elles craignent que leurs conducteurs soient obligés de les quitter pour aller chercher du travail ailleurs, ce qui rendra difficile le redémarrage de l'activité une fois la crise causée par le coronavirus passée.