Ligne verte : le report modal entre Lyon et Marseille doit encore progresser

27/05/2021 Pierre Lemerle

Dans Ligne verte, une étude sur le report modal entre Lyon et Marseille, le Pil'es juge qu'un important travail pédagogique est encore nécessaire sur l’intérêt du fluvial et ferroviaire.

Comment favoriser le report modal entre le port de Marseille et la région lyonnaise ? C’est la question à laquelle tente de répondre le pôle d’intelligence logistique (Pil’es). Jeudi 20 mai, l’équipe a présenté les résultats de l’enquête Ligne verte. Durant six mois, elle est allée à la rencontre des chargeurs, des transitaires et d'autres intervenants du secteur pour comprendre les points de blocages empêchant de passer le transport de marchandises de la route au fleuve ou au rail. Plusieurs constats ressortent de l'enquête.

Un travail de pédagogie à faire

"Les acteurs regrettent que le transport fluvial et ferroviaire connaissent des problèmes de délais ou ne soient pas assez flexibles", relève Cécile Michaux déléguée générale du Pil'es.  "Mais nous n’avons pas eu de retours sur un problème de prix, notamment sur le fluvial. "Un signe encourageant même si elle craint un effet "bon élève" avec d’abord une réponse des entreprises se sentant concernées par ces problématiques.

L'association a retracé la provenance des EVP sur cet axe. Ceux qui arrivent en région lyonnaise (Rhône, Isère, Ain et Loire) proviennent en grande majorité de Chine (45 %). Deuxième pays d’origine, les États-Unis (7 %) suivi du Brésil (6 %), selon des chiffres de 2019. Autre constat : les premiers produits importés sont les équipements électroniques, produits chimiques et machines, et équipement.

Problème principal rencontré : la méconnaissance des solutions existantes pour faire du report modal. Les difficultés liées à la complexité de la chaîne logistique sont aussi soulignées. "Le mode de transport est dans 50 % des cas choisi au niveau de la direction supply-chain du groupe, hors de la région Auvergne-Rhône-Alpes", souligne encore le Pil’es.

À présent, il s’agit pour le réseau de professionnels de faire de la pédagogie sur ces modes de transport massifiés et d’accompagner les chargeurs. Le rôle des transitaires doit également être pris en compte. "Nous avons vu que beaucoup d’entre eux cherchaient à verdir leur transport", commente Cécile Michaux. Pour réussir cela, le Pil’es va suivre les entreprises désireuses d’aller vers du report modal via des ateliers collaboratifs.