Loi climat : les transporteurs routiers dénoncent "un non-sens"

11/02/2021 AFP

Les professionnels du transport et de la logistique ont fait savoir leur opposition au projet de loi climat et notamment la suppression du mécanisme fiscal sur la taxation du gasoil professionnel.

Les organisations professionnelles du transport routier et de la logistique ont estimé que le projet de loi "Climat et Résilience," présenté le 10 février en conseil des ministres, était "un non-sens (...), inefficace sur le plan environnemental et dangereux au plan économique".
Le texte fait courir le risque de "rater le tournant de la transition énergétique tout en fragilisant les entreprises françaises et en remettant en cause, à terme, notre souveraineté en matière de transport et logistique", selon une communication commune.
FNTR, TLF, OTRE, Unostra et Chambre syndicale du déménagement dénoncent "des mesures fiscales inefficaces d'un point de vue environnemental", à savoir la suppression progressive d'ici 2030 du mécanisme fiscal sur la taxation du gasoil pour les professionnels et la possibilité pour les régions de créer une écotaxe routière.

Les pavillons étrangers favorisés ?

"Il n'existe (...) pas de corrélation entre la hausse de la fiscalité du secteur et un éventuel report modal vers des modes de fret alternatifs" et, même si le transport ferroviaire et fluvial de marchandises voit sa part doubler, la route "restera à plus de 75 % le mode très largement majoritaire", pointent-elles. "C'est la raison pour laquelle il faut accompagner et soutenir le transport routier dans sa transition énergétique et non pas le combattre", expliquent les organisations patronales.
L'augmentation de la fiscalité va en outre favoriser les camions étrangers, selon elles. "Il est inconcevable et contre-productif qu'au moment où la profession va avoir besoin de plusieurs milliards d'investissement par an pour accélérer la transition énergétique, l'État décide de lui retirer près de 1,5 milliard (d'euros) et d'anéantir ses marges et toute capacité d'investissement", accusent-elles.
"Le transport routier de marchandises et de la logistique est un secteur stratégique, vital à la souveraineté du pays", soulignent les organisations, rappelant son rôle crucial dans la crise sanitaire.