Lom : une nouvelle stratégie pour le fret ferroviaire

Adoptée par le Parlement, la loi d’orientation des mobilités prévoit dans son article 51 la mise en œuvre d’une stratégie pour le développement du fret ferroviaire d’ici fin 2020. Incluant la desserte des ports, ses priorités ont été présentées le 20 novembre lors du 9e colloque d’Objectif OFP à Levallois-Perret.

Les chiffres 2018 du fret ferroviaire en France sont connus et ils ne sont pas bons. Avec 32 milliards de tonnes-kilomètres, le transport de marchandises par rail s’est érodé de 4,2 % relayant sa part modale à 9 % ; son plus bas niveau historique. Seul le combiné maintient ses positions (22 % du trafic) tandis que les entreprises ferroviaires créées depuis l’ouverture du marché* sont à l’origine de 46 % des flux. C’est dans ce contexte que le Parlement a adopté le 19 novembre la loi d’orientation des mobilités dont l’article 51 engage l’État à finaliser "une stratégie pour le développement du fret ferroviaire" d’ici fin 2020. Le cadre de cette stratégie a été présenté par Jean-Marc Zulesi, député des Bouches-du-Rhône, et Jean Matabon, sous-directeur des transports ferroviaires à la DGITM, lors du récent colloque d’Objectif OFP.

Desserte des ports en bonne place

Ses principales orientations croisent celles annoncées le 16 septembre par le Premier ministre lors de la remise du rapport Hémar-Daher sur la compétitivité des chaînes logistiques en France. En faveur de la massification des flux et du report modal, elle servira "à moderniser et à mutualiser les infrastructures ferroviaires territoriales au travers des voies capillaires et de services, d’embranchements particuliers (ITE) et de terminaux multimodaux", déclarent les deux intervenants.

"Renforcer la desserte ferroviaire des ports et de leur hinterland"

Avec un effort particulier apporté aux corridors de fret ferroviaire transnationaux, cette stratégie aura aussi pour mission de "renforcer la desserte par rail des ports et de leur hinterland", et de promouvoir "une composante ferroviaire à la logistique d’approvisionnement des agglomérations". La "mise en place de mécanismes d’aides et de soutien au transfert modal et au développement du transport combiné" est également prévue.

Plateforme nationale fret

Mission est donnée à la DGITM d’orchestrer et de définir son contenu au moyen de consultations qui s’ouvriront début 2020 avec tous les professionnels concernés. La Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer s’appuiera aussi sur la nouvelle Plateforme nationale fret créée en juillet dernier. Issue du groupe de travail "Coopere" qui rassemble SNCF Réseau, les entreprises ferroviaires et l’ensemble des acteurs de la filière depuis mars 2019 (UPF, AUTF, GNTC, Afra, Objectif OFP…), cette plateforme vise "à construire de façon partagée une vision des flux à moyen et long terme pour adapter les besoins capacitaires et identifier les éventuels nouveaux besoins en termes d’infrastructures", explique Arnaud Sohier, directeur commercial de SNCF Réseau. L’une des priorités de la plateforme est aussi de résoudre à court terme les points de friction et de tension sur le réseau ferré national ainsi que d’en améliorer le fonctionnement. Quatre actions figurent à son plan de marche pour les prochains mois : développer le gabarit P400 et les "trains longs" d’au moins 850 mètres, simplifier les Avis de transport exceptionnel (ATE) et, avec le GNTC, plancher sur l’évolution des chantiers combinés. Autour de groupes de travail régionaux, par axe et par thématique, l’évaluation des flux à moyen et long terme sera lancée en parallèle ainsi que les propositions soumises à la future stratégie sur le fret ferroviaire.

* 2003 pour les flux internationaux, 2006 pour les flux domestiques

OFP Atlantique devient un cluster d’innovations ferroviaires

Lors du colloque Objectif OFP, le directeur des opérations et de la logistique du Grand Port maritime de La Rochelle, Philippe Guillard, a confirmé l’évolution des missions et activités d’OFP Atlantique. "En six ans, OFP Atlantique a consolidé un trafic ferroviaire de plus d’un million de tonnes et a atteint son objectif : dynamiser les pré et post-acheminements ferroviaires des ports de La Rochelle et de Nantes-Saint-Nazaire". Après avoir cédé son fonds de commerce à Ouest Rail, filiale à parité du groupe Millet et de Régiorail, OFP Atlantique détenu par le GPMLR (66,8 %) et le GPMNSN (33,2 %) se consacrera à la promotion d’innovations ferroviaires au service des deux ports désormais. En qualité de cluster ou d’incubateur, l’entreprise aidera les porteurs de projets à nouer des contacts professionnels et dans leur recherche de financement. "Les réseaux ferrés portuaires privés pourront en outre servir à mener des tests et expérimentations". Parmi les cibles du nouveau cluster, Philippe Guillard cite "le verdissement des flux logistiques et ferroviaires".