Lyon-Turin : L’UE prolonge une subvention de 813 millions

Durant le confinement, la commissaire européenne chargée des transports a prorogé une subvention de 813 millions d’euros pour les travaux du tunnel de la liaison Lyon-Turin sur une tranche travaux coûtant 2 milliards.

L'information est passée presque inaperçue durant le confinement : début avril, la commissaire au transport européenne a donné son feu vert pour prolonger jusqu’en 2022 le délai d’utilisation d’une tranche de subventions européennes allouée au tunnel international de la liaison Lyon-Turin.
En 2014, l’UE avait accordé 813,8 millions d’euros de subventions sur une tranche du projet de deux milliards d’euros. À l’époque, le maître d’ouvrage public Telt devait achever cette tranche de travaux fin 2019. Or, en raison notamment de l’opposition du mouvement cinq étoiles en Italie, les travaux ont été considérablement freinés.
Soumises à la règle du "use it or lose it", les subventions européennes auraient pu être perdues car non utilisées. Il n’en a rien été. Une "très bonne nouvelle" pour Stéphane Guggino. Le délégué général du comité pour la Transalpine s’est réjoui d’une décision qui rentrait pleinement dans l’objectif de "Green New Deal" voulu par l’Union européenne, avec le développement du ferroviaire.
Un avis que sont loin de partager les groupes EELV et France Insoumise au Parlement européen. "Ce serait la deuxième dérogation accordée à ce projet en exonération de la règle du "use it or lose it" et sans consultation", a déclaré le groupe EELV dans un courrier adressé à la Commission européenne. Même opposition du groupe France insoumise qui parle de "retards à répétition" et "d’impacts négatifs sur l’environnement considérables".

Des ralentissements liés au confinement

Une réponse qui est un "coup politique" pour le délégué général. Il répond que tout a été fait selon les règles après une étude soigneuse l’agence exécutive pour l’innovation des réseaux, chargé d’analyser le dossier.  D’après lui, "la crise nous a rappelé la nécessité de nous engager vers des transports plus vertueux. De ce côté-là, le Lyon - Turin est pleinement dans son rôle".
En attendant, les travaux ont été ralentis par la crise du Covid-19 côté français.
À l’arrêt durant les 15 premiers jours du confinement, ils ont repris avec des effectifs réduits pour des raisons sanitaires. Côté italien, après un long blocage, les travaux devraient reprendre avec la constitution de niches de détournement.
Pour rappel, la ligne ferroviaire mixte Lyon-Turin devrait être consacrée à 80 % au fret. Son coût total s’élèverait, d’après la Cour des comptes à 26 milliards d’euros