Lyon-Turin : Le nouveau maire de Lyon n'inquiète pas les promoteurs du projet

22/07/2020 Pierre Lemerle

Début juillet, le nouveau maire de Lyon, Grégory Doucet (EELV) s’est fermement opposé au projet de LGV Lyon-Turin dans le journal italien La Stampa. Une position qui ne surprend pas les promoteurs du projet.

"C’est dommage, mais nous nous y attendions". Délégué général du comité pour la transalpine, Stéphane Guggino n’a pas été surpris par l’opposition du nouveau maire de Lyon, Grégory Doucet (EELV), au projet de ligne de grande vitesse entre Lyon et Turin. "Grégory Doucet l’a rappelé lui-même, note-t-il. Il s’agit avant tout d’un projet porté par l’Italie, la France et l'Union européenne".
Reste que cette opposition symbolique fait tâche, alors que le projet a été soutenu de manière indéfectible par l'ancien maire, Gérard Collomb (ex-LREM), et son successeur. Dans une interview au quotidien italien "La Stampa", Grégory Doucet a estimé que la rénovation de la ligne ferroviaire existante suffirait à assurer le transport de marchandises. Pour lui, il ne faut pas "persister dans un mauvais choix". "Rationnellement, on ne peut pas faire du report modal avec la ligne existante", estime de son côté Stéphane Guggino.

L'exécutif régional en soutien

Face aux conséquences immédiates du projet sur l’environnement, mises en avant par les écologistes, le délégué général évoque un intérêt écologique "sur le long terme" du tunnel, avec plus d’un million de poids lourds basculés de la route vers le rail. Il remarque que l’annonce de Grégory Doucet n’a pas été reprise par Bruno Bernard (EELV), à la tête de la métropole de Lyon.

"Je vois mal les Verts s’opposer à de telles mesures"

De plus, le projet est toujours soutenu par le Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes. "PS, LREM, LR… Aujourd’hui, au sein de l’assemblée régionale, mis à part les Verts et la France insoumise, tout le monde est prêt pour ce projet", tempère Stéphane Guggino. Une réalité que les prochaines élections régionales, prévues en 2021, pourrait contrarier. À la tête de Lyon et de Grenoble, les écologistes pourraient bien figurer lors de ces élections.
Or si la région n’a pas son mot à dire sur le projet, elle aura cependant un rôle essentiel dans la construction des voies d’accès au tunnel (fret et voyageurs). "Je vois mal les Verts s’opposer à de telles mesures sachant qu’ils sont, dans le même temps, pour le développement du ferroviaire", note le délégué général. 
En attendant, les promoteurs du projet se félicitent d’une étude du cabinet Sia Partners assurant que le coût total pour l’État de la future ligne pourrait être contenu dans une fourchette allant de 3,9 à 6,6 milliards d’euros. Une hausse importante de la participation européenne serait, pour cela, nécessaire.