Maghreb : début d'année dynamique pour le fret aérien à Marseille-Provence

L'évolution est globalement positive en ce début d'année pour l'aéroport Marseille-Provence, notamment grâce aux services tournés vers le Maghreb, qui bénéficient de développements particuliers.

Après une nouvelle année record à presque 57.000 tonnes, l'aéroport Marseille-Provence (AMP) a connu quatre premiers mois 2019 en forte croissance pour ce qui est du fret avionné. L'activité liée au Maghreb n'y est pas étrangère et possède encore quelques ressorts de développement.
Air Algérie fait partie des deux premières compagnies pourvoyeuses de fret avionné traditionnel sur la plateforme provençale. Son trafic réalisé via les soutes de ses avions passagers est en croissance, malgré la situation politique et sociale.
La nouvelle liaison tout-cargo Marseille-Alger, opérée pour partie conjointement avec Icar Aviation est "aléatoire et fonctionne environ une semaine sur deux", selon Jean-Marc Boutigny. Mais ce service lancé en deux fois, en octobre et décembre 2018, a tout de même "contribué à la croissance" d'Air Algérie, qui a progressé de 7,8 %, à 193 tonnes.
À l'inverse, son activité cargo vers la zone d'extraction d'hydrocarbures autour d'Hassi Messaoud a connu un net recul de 10 %, davantage perturbée par la situation politique, d'après le responsable fret. Ce service, proposé lui aussi en partenariat avec Icar Aviation, a cumulé 380 tonnes de fret aérien depuis début 2019.

Le fret express comme locomotive

De son côté, DHL, qui a fait de Marseille le hub pour la desserte d'Alger en janvier 2016, est encore en plein développement. À tel point que l'expressiste allemand a réalisé un tonnage plus important vers la capitale algérienne que la compagnie nationale sur l'ensemble de ses dix destinations dans le pays (Alger, Annaba, Oran, Constantine, Béjaïa, Tlemcen, etc.). Ses avions ont transporté 227 tonnes (en progression de 5 %) très majoritairement à l'export.
La position dominante de DHL est encore plus évidente sur la desserte de la Tunisie, où l'expressiste a apporté plus de 90 % du trafic de fret avionné, 639 tonnes, malgré son léger recul de 1 %.
Dans le même temps, Tunisair a observé un développement de 17 % du trafic fret de ses avions passagers, avec un total de 47 tonnes.
Jean-Marc Boutigny attribue cette évolution à l'implantation du commissionnaire de transport Tass (Transit Air Sea Service) dans la zone de fret de l'aéroport marseillais en fin d'année dernière : "L'installation de Tass a ramené des trafics qui passaient par Orly".

Le Maroc porte de l'Amérique

Le trafic de Royal Air Maroc (Ram) sur les quatre premiers mois de l'année 2019 est légèrement en avance sur celui de la même période de 2018, avec 154 tonnes (+ 1 %).
Au départ de Casablanca, qui est desservie quotidiennement depuis Marseille, la Ram a ouvert début avril une liaison avec Miami et lancera Boston le 22 juin. Ces lignes complètent l'offre de la compagnie marocaine vers la côte Est des États-Unis, qui comprenait déjà New York et Washington. La Ram opérera ainsi trois vols par semaine vers chacune de ces quatre villes, en Boeing 787 Dreamliner.
La microélectronique, les réactifs de laboratoires et les médicaments sont les principales familles de produits concernés par ces liaisons. Casablanca, qui sert de hub à Marseille pour l'Afrique de l'Ouest, constitue "une solution supplémentaire et fiable pour toucher la côte Est américaine". Sur ce continent, la Ram offre aussi des connexions avec Montréal, Rio de Janeiro et Sao Paulo.