Marseille-Fos veut concrétiser sa démarche "Smart Port"

Pour son premier rendez-vous consacré au concept de Smart Port, Marseille-Fos a signé une convention pour un engagement territorial autour de l'innovation numérique et du développement durable du port provençal.

Le Grand Port maritime de Marseille-Fos (GPMM) a organisé le 4 juillet la première édition de son Smart Port Day, conjointement avec la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence (CCIMP) et l'Université d'Aix-Marseille (AMU).
Il s'agissait de réunir les acteurs de l'écosystème portuaire parties prenantes dans la transformation numérique et la protection de l'environnement, les deux notions regroupées sous le vocable "smart".

"Grand projet structurant"

Cette journée a été choisie comme cadre pour la signature de la convention "Le French Smart Port in Med", entre le GPMM, la région, le département, la métropole Aix-Marseille-Provence, la ville de Marseille, l'établissement public d'aménagement Euroméditerranée, la Banque des territoires, l'Union maritime et fluviale (UMF), ainsi que les sociétés CMA CGM, EDF, Hammerson (Les Terrasses du port), Naval Group et Traxens.
Le but de cet engagement est de lancer "un grand projet structurant " impliquant les composantes publiques et privées du territoire autour de l'idée de "construire un port du futur, attractif, innovant, répondant aux enjeux actuels".
Pour y parvenir, les signataires sont d'accord pour s'activer autour de six types de moyens : le déploiement d'actions concrètes, l'organisation de concours d'innovation, la mise en place de programmes de recherche et de formation, la production et le partage de données (open data), la communication et la promotion et enfin la création d'infrastructures et de capacités d'accueil.

Partager les données

Pour le directeur du GPMM, Hervé Martel , "le smart est plus qu'une mode, c'est un véritable enjeu. On ne sait pas ce qui émergera dans les prochaines années. Il y a cinq ans, très peu avaient déjà entendu parler de blockchain. Innover est un défi. Dans une décennie, les ports seront tout autre chose qu'aujourd'hui : économie verte, données, production d'énergie, moins de raffineries, plus d'éoliennes…" Et de confirmer l'idée répandue sur la difficulté de jouer collectif à Marseille : "Ici, le second défi est de travailler collectivement, partager entre concurrents en toute transparence".

"Dans dix ans, les ports seront tout autre chose qu'aujourd'hui"

Cette journée a permis de présenter publiquement les résultats des expérimentations menées par les sept start-up du Smartport Challenge choisies en février par sept entreprises portuaires pour relever sept défis.
"Sur chaque défi il y a deux partenaires, c'est un gage de mise en œuvre quasi-automatique, estime Hervé Martel. On voit que nous sommes capables à partir de données simples de créer de la valeur pour nos clients : si le port d'origine communique l'heure de départ effectif du navire, si la compagnie de ferries partage les plaques d'immatriculation de ses voyageurs avec les Terrasses du port…"
Pour le président du directoire du port, "nous avons une capacité à délivrer les projets et à les mettre en œuvre. Il faut poursuivre et amplifier ce phénomène".