Marseille-Fos veut faire sa révolution numérique

À Marseille, le port et ses partenaires publics et privés ont lancé un appel aux start-up destiné à développer la place portuaire et son territoire grâce aux nouvelles technologies.

Le Grand Port maritime de Marseille-Fos (GPMM) a lancé début octobre le "Smartport Challenge", exhortant les start-up qui le souhaitent à relever sept défis. Ce "programme d'innovation ouverte" s'inscrit dans la démarche du GPMM "French Smartport in Med", qui vise à promouvoir le développement durable de la place portuaire et de son territoire grâce aux outils numériques.
L'Université d'Aix-Marseille, la Chambre de commerce et d'industrie, la préfecture des Bouches-du-Rhône, le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Métropole Aix-Marseille-Provence ont identifié sept problématiques. Ils attendent que les meilleurs projets présentés intègrent leur agenda.
"L'objectif est de développer des solutions innovantes pour construire le port du futur et lui permettre de conforter son excellence dans les domaines de la logistique portuaire, de la performance énergétique et du numérique", tout en "valorisant le tissu économique local", explique la CCI.

Le partage d'informations en clé de voûte

Sept questions sont donc livrées à la créativité des entreprises locales. CMA CGM demande comment limiter la congestion et l'attente aux portes des terminaux portuaires lors de l'acheminement et de la sortie des conteneurs par camion. Pour l'armateur, le partage d'information en temps réel est au cœur de la problématique, entre les opérateurs des terminaux et avec les transporteurs routiers et les chargeurs.
Le port de Marseille-Fos voudrait créer un "écocalculateur" des émissions de gaz à effet de serre sur les trajets de porte à porte avec en fil conducteur la question du modèle de financement. Ce service doit comporter une version gratuite incitative et une version plus avancée et payante.

"Développer des solutions innovantes pour construire le port du futur"

La Méridionale a développé un procédé d’identification par un tag RFID positionné sur les remorques et une application dédiée. Elle souhaite que ce système permette aussi aux chauffeurs de camions d'identifier et de positionner les remorques à quai.
EDF propose de diminuer les émissions de gaz à effet de serre et autres polluants en zone portuaire en développant un système de branchement électrique à quai généralisé. La production locale et l'autoconsommation d'énergie renouvelable seront privilégiées.

Des lauréats et des tests

Naval Group va tenter d'élaborer une méthode pour cartographier l'ensemble des systèmes numériques portuaires cibles potentielles de cyber-attaques pour créer le préalable à la constitution d'une "posture cyber".
Le fournisseur de services de data centers Interxion cherche à réduire le coût des mesures de capacité de ses batteries. Enfin, Hammerson, gestionnaire du centre commercial des Terrasses du port, veut développer des outils numériques pour informer les passagers du port sur les conditions de transport et les activités.
Les entreprises peuvent déposer leur candidature jusqu'au 30 novembre. Les sept sociétés désignées en janvier gagneront 15.000 euros et pourront tester leur projet pendant deux à trois mois. Un bilan sera présenté lors du "Smart Port Day" en mai prochain.