Marseille-Provence : la dynamique est toujours là

En 2018, le fret a atteint un niveau inégalé à l'aéroport Marseille-Provence malgré les mouvements sociaux qui ont bridé le pic d'activité de fin d'année. La dynamique devrait se poursuivre en 2019.

Avec une hausse de 1 % comparé à 2017, le fret avionné a fait un peu moins bien qu'attendu mais a tout de même réalisé son meilleur score à Marseille-Provence. La nouvelle meilleure marque se situe donc à 56.695 tonnes.
Alors qu'une progression forte était attendue en fin d'année, le fret express a été contrarié par le mouvement des "gilets jaunes", avec des blocages qui ont gêné le chargement des avions avant Noël, moment où l'activité est à son plus haut. Les volumes du dernier trimestre ont été suffisants pour inverser la tendance de - 1,8 % affichée après neuf mois d'exercice. Sur l'ensemble de l'année, la progression est de 0,9 % (50.443 t) pour l'express et de 1,4 % (6.252 t) pour le fret traditionnel.
DHL, le premier opérateur express de la plateforme, a progressé de 2 % (15.130 t), FedEx et TNT de 1,3 % (10.861 t) et UPS de 8,1 % (10.644 t). Seul Chronopost a vu son volume baisser après la fermeture de la liaison avec Rennes (- 3,4 %, 13.808 t) mais le basculement du fret niçois vers Marseille fait espérer un regain de 1.000 t en 2019.

Perspectives en fret traditionnel

Côté fret traditionnel, le trafic d'Air Austral a lui aussi souffert des mouvements sociaux en novembre et en décembre, affecté des deux côtés de la chaîne alors que l'aéroport comptait sur les expéditions de litchis et d'ananas de La Réunion pour atteindre les 600 t annuelles. Les volumes de la compagnie ont tout de même atteint 557 t pour cette première année pleine depuis le retour du service entre Marseille et l'île en octobre 2017.
Les lancements successifs en fin d'année de deux fréquences hebdomadaires tout cargo vers Alger ont donné de nouvelles perspectives de développement pour la plateforme.
La première est opérée depuis début octobre par Icar Aviation en partenariat avec Air Algérie, premier opérateur de fret traditionnel à Marseille (1.905 t, - 8,5 %). La seconde, lancée en propre par la compagnie nationale algérienne mi-décembre avec le même avion, a du mal à observer une régularité des escales. Les deux services ont cumulé quelque 200 tonnes depuis l'automne.

"Une progression de 1.000 t attendue pour Chronopost"

Jean-Marc Boutigny, responsable fret de l'aéroport Marseille-Provence, rappelle qu'au cours de l'année, "les blocs 50 & 60 ont été refaits, agrandis et modernisés pour 10 millions d'euros, permettant une meilleure ergonomie dans le traitement des avions cargo gros porteurs". Il évoque aussi la sécurisation de la zone de fret traditionnel pour 200.000 euros et l'agrandissement du parvis de DHL "afin d'optimiser ses opérations routières". Il se félicite d'avoir vu trois transitaires s'implanter en zone de fret ou à proximité (TASS, SBO Négoce et Maurice Ward), ainsi qu'un assistant piste (Marignane Assistance).

Opportunités en soute

L'ouverture en 2019 de nouvelles liaisons passagers offrira des capacités de soutes supplémentaires. Les 21 nouvelles lignes lancées en 2019 n'offriront pas toutes des opportunités pour le fret puisque plus de la moitié seront opérées par les low-cost Volotea et Ryanair, qui réinstalle une base en Provence. Mais le retour d'une liaison avec Moscou, assurée en tandem par Aeroflot et Aigle Azur, présentera un intérêt, comme les lignes avec Copenhague et Stockholm, lancées par SAS.
L'élargissement de l'offre et l'arrivée de quatre nouvelles compagnies en 2019 permettent à l'aéroport de viser le cap des 10 millions de passagers en fin d'année, après avoir battu une nouvelle fois son record en 2018, avec 9,39 millions de voyageurs (+ 4,3 %).
Sur ce plan, AMP se félicite de voir progresser à la fois les liaisons point à point vers des destinations européennes – notamment grâce au dynamisme de Volotea –, les connexions avec les hubs intercontinentaux (Lufthansa, British Airways) et les liaisons long-courriers reliant Marseille non seulement à La Réunion mais aussi au Canada (Air Canada et Air Transat) lors d'une saison qui s'étend. Les études concernant l'agrandissement de l'aérogare, l'ajout de postes pour avions et de salles d'embarquement se poursuivront cette année.