Marseille-Provence : le fret traditionnel met le cap au sud

L'aéroport provençal va atteindre un nouveau record. La croissance continue de l'express s'accompagne d'un développement du fret traditionnel, qui présente de bonnes perspectives de croissance sur l'Afrique subsaharienne.

Le fret avionné de l'Aéroport Marseille-Provence (AMP) a affiché une grande vitalité au cours des trois premiers trimestres de l'année. La croissance cumulée est de 7,8 %, pour 44.536 tonnes. Avec sept records mensuels au cours des neuf premiers mois de 2019, la plateforme est presque assurée d'établir son nouveau record annuel. La meilleure marque, de 56.695 tonnes, date de l'an dernier.
"On peut espérer franchir la barre symbolique des 60.000 tonnes", estime Jean-Marc Boutigny. Le responsable fret d'AMP évoque un "bon calendrier" et une fin d'année attendue en croissance grâce au e-commerce au moment des fêtes.
Ce même facteur est le principal responsable du développement du fret express, qui a progressé de 8 % sur la période (39.721 tonnes) et dont les quatre opérateurs sont en croissance. DHL a transporté 11.917 t (+ 4,8 %), Chronopost 10.354 t (+ 6 %), UPS 9.083 t (+ 9 %) et FedEx 8.367 t (+ 4 %).

"On peut espérer franchir la barre symbolique des 60.000 tonnes"

De son côté, le fret traditionnel a connu une hausse de 5,7 %, pour 4.815 tonnes. Tous ses acteurs sont en croissance sauf les deux leaders de cette catégorie, Air Corsica (1.359 t, - 2,6 %) et Air Algérie (1.202 t, - 17,7 %) dans une période d'instabilité politique et sociale pour son pays d'origine.
Les opérateurs aux volumes plus modestes affichent des hausses parfois impressionnantes. Ainsi, le numéro trois, Turkish Airlines, a vu son tonnage augmenter de 29 % (450 t). Air Austral a gagné 30 % (388 t) et Lufthansa, cinquième compagnie en termes de fret traditionnel, a progressé de 78 %, à 195 tonnes, suite au retour d'un trafic de denrées périssables perdu l'an dernier.
Les deux suivants ne sont pas en reste. Tunisair a transporté 30 % de fret en plus, soit 130 tonnes "grâce au transitaire Tass qui parvient à capter beaucoup de fret tunisien", juge Jean-Marc Boutigny, et Air Canada a presque doublé ses volumes (81 t, + 90 %) avec sa liaison saisonnière de juin à octobre. L'ajout d'une quatrième fréquence en 2020 devrait lui permettre de se développer un peu plus.

Nouvelles perspectives africaines

Pour 2020, le principal générateur de croissance de fret traditionnel devrait s'appeler Ethiopian Airlines. Sa liaison avec Addis Abeba, qui s'appuie à l'export sur le fret envoyé par la diaspora comorienne vers Moroni et à l'import sur les fruits et légumes éthiopiens et kényans, a généré 80 tonnes entre son lancement en juillet et fin septembre. Le responsable fret s'attend à ce qu'elle se place dès sa première (demi) année dans les cinq premiers de l'aéroport. La compagnie devrait même se positionner dès 2020 dans les trois meilleurs.
La ligne d'Air Sénégal avec Dakar qui sera lancée le 12 décembre est elle aussi très prometteuse. Comme celle d'Ethiopian, elle constitue une tête de pont vers le reste de l'Afrique subsaharienne. Ses trois vols hebdomadaires intéressent notamment "les importateurs de poisson du Sud de la France", précise Jean-Marc Boutigny. L'appareil utilisé, un A330, "offrira une bonne capacité fret, environ 15 tonnes". De quoi bouleverser très vite le classement des opérateurs de Marseille-Provence.