Mayotte : le projet de piste longue relancé

06/02/2020 AFP

La préfecture de Mayotte a installé le comité de pilotage sur le projet d'allongement de la piste de l'aéroport de Dzaoudzi-Pamandzi.

Le projet de piste longue pour l'aéroport de Mayotte, très attendu et promis par Emmanuel Macron, est relancé, avec l'installation d'un comité de pilotage.
Le préfet Jean-François Colombet a assuré que le gouvernement tiendrait la promesse d’Emmanuel Macron. "La décision politique est déjà prise, le président de la République a été clair. Nous sommes autour de la table pour exécuter cela". En visite officielle dans ce département de l’océan Indien le 22 octobre dernier, le président l'avait annoncé à sa descente de l’avion. "J’ai compris que la piste est courte, donc oui on le fera !".

Projet solide

Ce projet est très attendu par les Mahorais pour désenclaver l'île et développer l'économie. La piste actuelle, située à Dzaoudzi-Pamandzi, mesure 1.930 m, ce qui ne permet pas les mouvements à pleine charge de gros porteurs, et oblige à des escales, notamment à La Réunion.
Un rallongement à 2.600 m rendrait possible l’arrivée de ces gros avions et potentiellement de nouvelles compagnies aériennes. Cela permettrait de baisser les prix (un Paris-Dzaoudzi vaut entre 700 et 1.800 euros aller-retour selon la saison), le marché se partageant à l'heure actuelle entre la compagnie réunionnaise Air Austral et Kenya Airways.
En 2003, des études préliminaires ont été réalisées pour déterminer les sites potentiels et en 2010, une commission de débat public a validé l’option d’une piste de 2.600 m. Mais depuis, rien n’a été fait, notamment pour protéger la barrière de corail avoisinante et les dugongs, mammifères marins en voie de disparition. Des associations de défense de l'environnement s'étaient opposées au projet.
"Nous n'allons pas faire un dossier au rabais, nous allons faire un dossier qui résisterait éventuellement à la décision d'un juge, donc nous allons prendre un peu de temps pour bâtir un dossier solide", a assuré le préfet. Le dossier devra aussi prendre en compte la crise sismo-volcanique que subit Mayotte depuis mai 2018.