Moins de transit dans les Alpes suisses

Le fret de transit européen a diminué au premier semestre dans des proportions comparables sur la route et sur la voie ferrée, en raison du ralentissement économique dans la zone euro.

Le rail et la route ont stabilisé leur part modale respective dans le fret de transit à travers les Alpes suisses au cours du premier semestre 2019, dans un contexte cependant récessif. En effet, ce transit a reculé de 3,3 % en volume pour se situer à 19,8 millions de tonnes, dont 70,7 % ont emprunté le chemin de fer, contre 71 % dans la première moitié de 2018.

Le passage du Gothard préféré

Le facteur principal provient de la conjoncture économique dans l’Union européenne, en premier lieu dans les deux pays voisins, l’Italie et l’Allemagne, qui subisent un début de ralentissement. L’office fédéral (ministère des Transports) suisse, qui publie ce bilan, s’attend à un score en recul pour l’ensemble de 2019, dans la mesure où il fait état de prévisions économiques "pessimistes" dans la zone euro au second semestre.

Concernant le train, "la croissance observée de 2013 à 2018 ne s’est pas poursuivie", relève l’office fédéral. Les pertes de volume au premier semestre 2019 ont été plus marquées pour le transport par wagons complets (- 7,3 %) que pour le transport combiné (-2,3 %).
Le passage du Simplon, par le tunnel du Lötschberg, a perdu en attrait (- 9,4 %) au contraire de l’itinéraire du Gothard, qui a maintenu une croissance d’1,1 %, en dépit de restrictions de circulation liées aux travaux en cours pour l’adapter au gabarit de trains de 4 mètres de large.
Sur la route, la baisse de volume correspond à une politique publique volontariste de basculement sur le rail, mais l’essoufflement de l’économie européenne est venue l’appuyer. Le nombre de camions recensé, soit 465.000 en six mois, constitue "la valeur semestrielle la plus basse depuis l’entrée en vigueur de la première loi sur le transfert de trafic en 1999", ajoute le ministère. Il marque une diminution de 2,5 % en un an, alors qu’en comparaison, il a augmenté dans le même temps de 2,5 % dans le col autrichien du Brenner et de 2,4 % sous le Mont-Blanc.